Daouda Diakité, DG de Technolab-ISTA : « La qualité de service de l’éducation suppose des bons professeurs, des filières compétitives, des infrastructures adaptées… »

A la faveur d’une série de séminaires tenus, du 13 au 19 novembre 2021 à l’endroit de ses étudiants, le président et directeur de l’Institut Supérieur de Technologies Appliquées (Technolab-ISTA), Daouda Diakité, nous a fait découvrir la structure « ingénieure » dans le domaine de l’enseignement supérieur au Mali. Par cet entretien qu’il nous a accordé, ce vendredi 19 novembre, le DG Daouda explique comment il a pu s’imposer en l’espace de 22 ans.

Le Pays : Comment est venue l’idée de Technola-ISTA, monsieur le directeur ?

Daouda Diakité, président et directeur général de Technolab-ISTA : L’idée de technolab-ISTA est une longue histoire. Au départ, je suis ingénieur électro informaticien. J’avais commencé ma carrière professionnelle dans ce domaine au niveau international. Un moment, j’ai voulu aller dans le privé. J’ai alors démissionné du plan international pour faire du consulting. En 1997, j’ai fait une prestation de service au niveau du département de l’enseignement supérieur de mon pays(Mali). Les gens étaient beaucoup contents, parce qu’il y avait un ordinaire contenant des données stratégiques qui était gâté. Les gens du département avaient passé beaucoup de temps sans que les données ne soient accessibles. Il y a eu des gens qui m’ont beaucoup encouragé, quand  j’ai pu extraire lesdites données en les mettant à  leur disposition. Puisqu’ils estimaient que j’étais très fort dans le domaine, ils ont demandé à savoir pourquoi je ne vais pas ouvrir une institution de formation dans ce domaine, vu que le besoin était encore là. À cette époque, l’informatique n’était pas encore au Mali. L’ENI qui était l’école des ingénieurs faisait des formations sur les maintenances industrielles et l’électricité, mais pas exclusivement sur l’informatique. Donc dès l’ouverture de mon institution à l’époque, on a commencé avec des nouvelles filières comme l’informatique, le management ; l’ingénierie commerciale…J’ai eu la chance d’être formé comme ingénieur électro informaticien en Chine au départ. J’ai continué avec des stages en Hongkong ; en Australie… qui m’ont renforcé. Au départ, on n’avait pas compris qu’il y aurait eu des besoins à ce niveau. Le défi était immense, mais on avait d’autres jeunes cadres très engagés qui avaient la même vision que nous et qui nous ont aidés. Avec le concours de partenariat qu’on avait en France, en Suisse et en Chine, tout est vite parti. On n’a pu faire des bons résultats. Ces derniers gouvernements ont tous eu des ministres qui sont passés par Technolab-ISTA. Cela est assez réconfortant. On a des diplômés dans les organisations internationales, certains ont pu avoir de boulot en France ; aux Etats-Unis ; au Canada…Après 22 ans d’existence, nous totalisons aujourd’hui plus de 6000 diplômés, dont environs 1200 sont des étrangers. 5 à 6% ont pu s’insérer dans les organismes internationaux parmi ces diplômés.

Pourriez-vous nous parler des filières enseignées à cette université ?

Les filières enseignées dans cette université sont très nombreuses. Mais, nous avons deux axes principaux. D’abord, il y a le volet science des gestions qui concerne tout ce qui est finance ; comptabilité ; gestion des ressources humaines ; management : logistique etc…Ensuite, il y a le domaine des sciences et technologies. Ce dernier concerne les télécommunications ; l’électricité : les énergies renouvelables ; l’informatique dans toutes ses variantes : l’électronique et les maintenances de  systèmes. On est en train d’évoluer progressivement. Parce que l’école  doit définir les filières en fonction de l’évolution du marché. C’est pourquoi, dans les prochains mois, on va ouvrir de nouvelles filières à savoir : le génie chimique et des procédés ; les technologies agroalimentaires ; les mines et la géologie. Ce sont des domaines que les sociétés minières utilisent beaucoup. Et dans la plus part des cas, on ne trouve pas des spécialistes de ces domaines au sein du Mali. Je suis chaque fois obligé de faire intervenir des diplômés d’autres pays. Ce qui est un manque à gagner pour notre Nation. Parce que quand les maliens sont formés, c’est non seulement une chance pour l’économie nationale, mais aussi pour les familles respectives.

Quelle est la vision de Technolab-ISTA ?

Notre vision est d’aller encore plus loin dans une dynamique de diversification, de compétitivité et d’ouverture. Cela, non seulement sur le marché africain, mais aussi sur le marché international. En tant qu’entrepreneur, quand vous êtes sur un seul axe depuis plus de deux décennies, ça veut dire de ne pas aller plus loin. Vous savez, les institutions doivent même survivre au-delà de la vie de leur promoteur. C’est ce qui se fait généralement en Occident. Cela sous-entend tous les préétablis avec lesquels on se munit en terme de qualité de services à rendre aux gens. La qualité de service de l’éducation suppose des bons professeurs ; des filières compétitives ; des infrastructures adaptées ; l’ouverture et l’accompagnement institutionnel de la part de l’Etat. Je pense que le gouvernement malien est en train de mettre en œuvre des stratégies qui permettent à l’enseignement supérieur de trouver son chemin. On ne peut que le remercier pour cela.

Le taux d’insertion de vos étudiants sur le marché d’emplois et la force de Technola demeurent quoi ?

Le taux d’insertion ne saurait être fixe, parce que c’est tributaire d’une situation économique. Les domaines techniques s’insèrent plus vite que d’autre dans une perspective d’auto-emploi. Notre force est la vision partagée de notre personnel. Ils sont là et engagés. Les principaux responsables sont aussi ouverts du point de vue international. Cela ne provient pas du néant. Puisqu’on a eu à faire beaucoup de voyages et de contacts dans une dynamique d’apprentissage dans la diversité. Nous offrons des bourses aux étudiants, en plus de nos interventions pour des cas de responsabilités sociétales en faveur des démunis avérés.

Parlez-nous des difficultés et la particularité de cette université

Les difficultés existent partout. Notre environnement socioéconomique est perturbé par les facteurs d’insécurité. Ces deux dernières années ont été également marquées par des perturbations de l’économie mondiale. Celles dues à la covid-19. Cela a, inéluctablement, joué sur le pouvoir d’achat des citoyens qui sont nos clients. En termes de particularité, nous sommes, comme les autres, une institution qui voudrait se pérenniser. Nous voyons notre pérennisation dans une perspective de diversification et d’ouverture. Nous disposons d’un partenariat riche qui nous sert beaucoup. On est toujours fort quand on s’associe ensemble.

Des derniers mots ?

Je salue et remercie tout le monde. Vous savez, une chose est d’être acteur de quelque chose, mais l’autre chose, c’est de permettre aussi aux observateurs externes de prodiguer leurs conseils pouvant nous permettre d’aller plus loin, voire d’atteindre les objectifs.

Réalisée par Mamadou Diarra

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