Escalade des tensions entre le Soudan et l’Éthiopie : Khartoum accuse Addis-Abeba d’avoir exécuté sept de ses soldats et un civil

Les tensions montent entre le Soudan et l’Ethiopie. En effet, Khartoum  a accusé l’armée éthiopienne d’avoir “exécuté” sept de ses soldats et un civil, faits prisonniers, promettant de riposter à cet “acte lâche”. Pour cela, le Soudan a rappelé, lundi 27 juin, son ambassadeur à Addis-Abeba. Khartoum a aussi annoncé déposer plainte auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.

Rien ne va entre Khartoum et Addis-Abeba. En effet, le Soudan a accusé l’armée éthiopienne d’avoir « exécuté » sept de ses soldats et un civil. « Dans un acte qui contrevient à toutes les conventions de la guerre et au droit international, l’armée éthiopienne a exécuté sept soldats soudanais et un citoyen qui étaient leurs captifs », a indiqué l’armée soudanaise dans un communiqué, tard dimanche soir.

« Cet acte perfide ne passera pas », a-t-elle ajouté, promettant de répondre à « ce comportement lâche ». Le communiqué ne donne aucune autre précision.

L’Éthiopie n’a pas commenté ces accusations dans l’immédiat, rapporte Voice of America.

Toujours dans son rapport, VOA a indiqué que selon un responsable militaire soudanais, les soldats avaient été capturés dans une région frontalière, proche du secteur contesté d’Al-Fashaga. « Un conflit frontalier oppose le Soudan et l’Ethiopie qui se disputent les terres fertiles de la vaste région d’El-Fashaga, dans l’Etat de Gedaref (Est soudanais), une importante et ancienne pierre d’achoppement entre les deux pays d’Afrique de l’Est ».

Des accrochages, parfois mortels, se produisent régulièrement dans cette zone. Ils se sont intensifiés en 2020 avec la guerre entre le gouvernement fédéral éthiopien et les autorités régionales du Tigré, région voisine du Soudan, qui a poussé des dizaines de milliers d’Ethiopiens à se réfugier dans l’est du Soudan, rapporte le média américain.

Bien que des cultivateurs éthiopiens se soient installés dans la zone d’El-Fashaga depuis des décennies, les troupes soudanaises ne s’y sont déployées qu’après le déclenchement du conflit au Tigré.

Ce conflit frontalier alimente les tensions entre les deux pays, qui malgré de nombreux cycles de négociations, ne sont jamais encore parvenus à trouver un accord sur le tracé de leur frontière. Khartoum et Addis-Abeba s’opposent en outre depuis plus de 10 ans sur la question du Grand barrage de la Renaissance (Gerd) construit par l’Éthiopie sur le Nil.

Khartoum rappelle son ambassadeur à Addis-Abeba

Le Soudan a rappelé, lundi 27 juin, son ambassadeur à Addis-Abeba, accusant l’armée éthiopienne d’avoir « exécuté » sept de ses soldats et un civil faits prisonniers, ce que l’Éthiopie, en conflit pour la terre et l’eau avec Khartoum depuis des années, a démenti. Le Soudan a aussi convoqué lundi l’ambassadeur éthiopien pour protester contre « un acte qui contrevient à toutes les conventions de la guerre et au droit international », selon l’armée soudanaise, qui a prévenu que « cet acte perfide ne passerait pas », selon l’Agence France Presse.

Lundi, le général Abdel Fattah Al-Bourhane, chef de l’armée et homme fort du Soudan depuis son putsch d’octobre 2021, s’est rendu à Al-Fashaga, des terres fertiles dans l’État de Gedaref (est), objet d’un conflit frontalier entre le Soudan et l’Éthiopie. Là où, selon un responsable militaire soudanais, les soldats avaient été capturés, il a pressé ses soldats « d’empêcher tout nouveau mouvement ou violation du droit du sol soudanais ou de ses ressortissants ».

L’Éthiopie, elle, a dénoncé « une déformation des faits » et affirmé que ces violences avaient été « concoctées à dessein » pour saper les relations entre les deux voisins qui, malgré de nombreux cycles de négociations, ne sont encore jamais parvenus à trouver un accord sur le tracé de leur frontière. Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a estimé que les Soudanais tués l’avaient été au cours d’une « escarmouche entre l’armée soudanaise et une milice locale », et ce, « sur le sol éthiopien ». Et il a dénoncé « l’incursion d’une unité de l’armée régulière soudanaise soutenue par des éléments terroristes du TPLF », les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré, en guerre avec le gouvernement éthiopien depuis 2020.

Il a surtout demandé à Khartoum « de se garder de toute escalade », alors que l’armée soudanaise, engluée dans le marasme politique et économique depuis le putsch, annonce régulièrement avoir perdu des hommes à sa frontière avec l’Éthiopie. Des accrochages, parfois mortels, se produisent souvent dans cette zone. Ils se sont intensifiés en 2020 avec la guerre entre le gouvernement fédéral éthiopien et les autorités régionales du Tigré, région voisine du Soudan, qui a poussé des dizaines de milliers d’Ethiopiens à se réfugier dans l’est du Soudan.

Bien que des cultivateurs éthiopiens se soient installés dans la zone d’Al-Fashaga depuis des décennies, les troupes soudanaises ne s’y sont déployées qu’après le déclenchement de la guerre au Tigré. Ce conflit frontalier alimente les tensions entre Khartoum et Addis-Abeba, qui s’opposent en outre depuis plus de dix ans sur la question du Grand barrage de la Renaissance construit par l’Éthiopie sur le Nil.

Notons que le conflit territorial entre le Soudan et l’Éthiopie dans le triangle d’el-Fashaga s’envenime et menace de dégénérer en conflit armé. Les deux pays se disputent 250 km² de terres fertiles dans une région où la frontière n’a jamais eu de démarcation précise. Les accrochages ont déjà fait plusieurs dizaines de morts et de blessés ces dernières semaines parmi les civils qui cultivent ces terres agricoles.

Ibrahim Djitteye

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