La cérémonie de clôture du FOPAME a eu lieu samedi 6 juin 2026 au CICB. A l’occasion, le ministre de la Communication a livré un message à l’adresse des médias du continent. Nous vous livrons l’intégralité de son discours.
C’est avec une profonde satisfaction que je prends la parole pour procéder à la clôture de cette première édition du Forum panafricain des médias de Bamako.
Pendant plusieurs jours, Bamako est devenue la capitale africaine de la réflexion sur l’avenir de l’information, du journalisme et de la souveraineté narrative. Des femmes et des hommes venus de différents horizons du continent au-delàs se sont réunis par d’une conviction commune : l’Afrique doit davantage parler d’elle-même, penser par elle-même et raconter elle-même son histoire.
À l’ouverture de nos travaux, Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement, nous interpellait par une question simple mais fondamentale : « Qui parle de l’Afrique ? »
Durant ces quatre jours, notre réponse collective s’est progressivement construite.
Nous avons affirmé avec force que l’Afrique ne peut plus être seulement un sujet d’information ; elle doit être un acteur de l’information.
Nous avons affirmé que la souveraineté ne concerne pas uniquement les territoires, les ressources naturelles ou les économies. Elle concerne également les récits, les idées, les perceptions et les imaginaires.
Car un peuple qui ne maîtrise pas son récit finit par percevoir sa propre réalité à travers les yeux des autres.
Mesdames et Messieurs,
Les travaux de ce Forum ont confirmé que nous sommes entrés dans une nouvelle époque.
Une époque où l’information circule plus vite que jamais.
Une époque où les réseaux sociaux, les plateformes numériques et l’intelligence artificielle bouleversent profondément les pratiques médiatiques.
Une époque où les conflits ne se déroulent plus uniquement sur les champs de bataille, mais également dans l’espace numérique et informationnel.
Une époque où une simple rumeur peut provoquer des conséquences réelles sur la cohésion sociale, la sécurité nationale et la stabilité des États.
Face à ces mutations, les médias africains sont appelés à jouer un rôle historique.
Ils doivent demeurer des espaces de vérité.
Ils doivent être des remparts contre la désinformation.
Ils doivent contribuer à la préservation de la paix, au renforcement de la cohésion sociale et à la défense des intérêts stratégiques de nos peuples.
Ils doivent surtout demeurer fidèles à leur mission fondamentale : informer avec rigueur, professionnalisme, responsabilité et indépendance.
Mesdames et Messieurs,
Les échanges de Bamako ont également mis en lumière une réalité incontestable : l’Afrique dispose de talents, de compétences, d’expériences et d’innovations capables de transformer durablement son paysage médiatique.
Nous avons parlé de formation, d’innovation, d’intelligence artificielle, d’économie des médias, de sécurité des journalistes, de coopération régionale et continentale.
Mais au-delà de la diversité des thèmes abordés, un message est revenu avec constance : l’avenir des médias africains passera par davantage de solidarité entre les professionnels du continent.
Aucun média africain ne pourra relever seul les défis de son temps.
Aucun pays africain ne pourra gagner seul la bataille de l’information.
La souveraineté narrative africaine sera collective ou elle ne sera pas.
C’est pourquoi je me réjouis particulièrement que ce Forum débouche sur deux résultats majeurs qui marqueront durablement son histoire.
Le premier est l’adoption de l’Appel de Bamako.
Cet Appel constitue bien plus qu’un document final.
Il est une déclaration de foi dans l’avenir des médias africains.
Il est un engagement collectif en faveur d’une information libre, professionnelle, responsable et respectueuse des intérêts de nos peuples.
Il est une invitation à renforcer les coopérations, à mutualiser les compétences, à promouvoir la formation continue, à défendre la sécurité des journalistes et à bâtir une véritable souveraineté informationnelle africaine.
L’Appel de Bamako restera, j’en suis convaincu, comme une référence majeure pour les générations futures de journalistes africains.
Le second résultat historique est la création du Réseau panafricain des radios de proximité. Il était temps et grand temps.
Je voudrais saluer cette initiative avec une émotion particulière.
Parce que partout en Afrique, les radios de proximité demeurent les médias les plus proches des populations.
Elles parlent les langues de nos peuples.
Elles portent les préoccupations des communautés.
Elles accompagnent les efforts de développement.
Elles participent à la prévention des conflits.
Elles renforcent le dialogue social.
Elles constituent le premier rempart contre les rumeurs et la désinformation.
À travers ce réseau, nous posons les bases d’une coopération concrète entre des milliers de voix africaines qui, désormais, pourront échanger davantage de contenus, partager leurs expériences et porter ensemble les réalités du continent.
C’est une avancée majeure pour l’intégration médiatique africaine.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais adresser mes sincères félicitations à la Maison de la Presse du Mali, à son Président, Monsieur Bandiougou Danté, à l’ensemble de la Commission d’organisation, au Comité scientifique ainsi qu’à tous les partenaires qui ont contribué au succès de cette grande rencontre.
Je rends également hommage à l’ensemble des journalistes africains qui, souvent dans des conditions difficiles et parfois au péril de leur vie, continuent de servir le droit des citoyens à une information fiable et crédible.
J’ai également une pensée respectueuse pour nos Forces de Défense et de Sécurité, ainsi que pour toutes celles et tous ceux qui œuvrent quotidiennement à la protection de nos États et de nos populations.
Je salue les journalistes et communicants des zones en conflits, singulièrement ceux de l’Alliance des Etats du Sahel qui, dans un environnement hostile se battent pour faire connaître la vérité, le journaliste africain est forgé dans du dure, car le reste du monde ne nous a jamais épargné les difficultés.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais exprimer notre profonde gratitude au Royaume du Maroc, pays invité d’honneur de cette édition 2026 du Forum panafricain des médias.
Par sa participation remarquée, la qualité de sa délégation et sa contribution aux réflexions qui ont nourri nos travaux, le Royaume du Maroc a confirmé son engagement constant en faveur du dialogue, de la coopération africaine et du développement des médias sur notre continent.
Je tiens à adresser nos sincères remerciements aux autorités marocaines ainsi qu’à l’ensemble des représentants des médias marocains qui ont honoré ce Forum de leur présence. Leur expérience, leur expertise et leur vision ont enrichi nos échanges et renforcé davantage les liens de fraternité qui unissent nos peuples.
Je souhaite également saluer et remercier chaleureusement toutes les délégations venues des pays frères d’Afrique ainsi que celles venues d’autres régions du monde pour participer à cette grande rencontre de Bamako.
Votre présence témoigne de l’intérêt croissant accordé aux enjeux de l’information, de la communication et de la souveraineté narrative sur notre continent. Elle illustre surtout la conviction partagée que les médias demeurent un levier essentiel de rapprochement entre les peuples, de compréhension mutuelle et de construction d’un avenir commun.
Votre participation a contribué à faire de Bamako, pendant quelques jours, le carrefour de la pensée médiatique africaine et l’expression vivante d’une Afrique qui dialogue, qui réfléchit et qui construit ensemble son avenir.
Mesdames et Messieurs,
Lorsque vous quitterez Bamako, emportez avec vous bien plus que des recommandations.
Emportez avec vous une conviction.
La conviction que l’Afrique possède les ressources humaines, intellectuelles et culturelles nécessaires pour bâtir son propre espace informationnel.
La conviction que nos médias peuvent devenir des instruments de souveraineté, de paix et de développement.
La conviction que l’Afrique n’est pas condamnée à être racontée par les autres.
Elle peut, elle doit et elle saura raconter elle-même son histoire.
Faisons donc vivre l’esprit de Bamako.
Faisons vivre l’Appel de Bamako.
Faisons grandir le Réseau panafricain des radios de proximité.
Et poursuivons ensemble la construction d’une Afrique qui informe avec ses propres mots, pense avec sa propre intelligence et parle au monde avec sa propre voix.
Sur ces mots, je déclare officiellement clos le Forum panafricain des médias, édition 2026.
Vive la coopération entre les médias africains !
Vive la souveraineté informationnelle de l’Afrique !
Vive l’Afrique unie dans sa diversité !
Je vous remercie de votre aimable attention.
