Des dissensions autour de la prorogation du mandat de l’actuel président de transition au Comores : Les avocats du gouvernement de transition en exil jouent à l’apaisement

A l’union des Comores, des désaccords se trouvent entre le camp d’Azali Assoumani, président du pays, et celui de ses détracteurs politiques qui viennent de former un gouvernement en exil. En la matière, des précisions ont été données hier, jeudi 12 août à la Maison de la presse, par des avocats dudit gouvernent cherchant un règlement pacifique de la donne.

A l’union des Comores, des tensions se trouvent autour de la présidence du pays. L’actuel homme fort, Azali Assoumani, est contesté pour avoir « illégalement » prorogé et « contrairement » à la constitution, son nouveau mandat. Lors de ce point de presse, Me. Abouba Aly Maiga, avocat du barreau malien, non moins 1er vice- président du Barreau pénal international(BPI) et Me. Ousmane Touré sont revenus sur des faits concernant leurs clients (membres du gouvernement transitoire en exil). Cette crise post-électorale aux Comores risque, pour Abouba Aly Maiga, d’avoir des conséquences énormes sur l’unité, la stabilité et la paix dans l’archipel des Commores.L’histoire politique des Comores a, depuis leur accession à la souveraineté nationale et internationale, le 6 juillet 1975, été toujours marquée par une instabilité et des violences politiques d’une rare gravité, indique l’avocat. C’est ainsi qu’il y a eu des violences meurtrières et des coups d’Etat dont les chefs d’Etat ont été victimes. Le dernier putsch date du 30 avril 1993, explique le spécialiste du droit. Cette instabilité qui a conduit Anjouan, une des îles de l’archipel des Comores, à faire sécession du 16 février 1997 au 25 mars 2008, évoque Me Maiga. L’île d’Anjouan avait même proclamé son indépendance. Mais grâce à l’effort et à la mobilisation de la communauté internationale, a-t-il rappelé, cette île finira par renoncer à son indépendance au profit d’un accord de réconciliation signé à Fomboni sur l’île de Moheli, le 17 février 2001.Sous l’égide de la communauté internationale, cet accord a été signé entre les Comoriens. Aux dires du conférencier, cet accord jette les bases d’une nouvelle gouvernance en conformité avec la constitution du 23 décembre 2011.A ce titre, deux principes fondamentaux sont inclus dans cet accord de gouvernance à savoir : une présidence tournante entre les îles de l’archipel des Comores, et une large autonomie des îles dans la gestion des affaires insulaires avec intérêt de tous. « Cet accord adopté par référendum du 23 décembre 2001 a mis fin à la crise sécessionniste et aux coups d’Etat, et a assuré une stabilité institutionnelle et politique du pays », déclare l’avocat du gouvernement de transition en exil.

Suivant ses précisions, l’application de la constitution de 2001 a été suivie par des alternances pacifiques en 2006, 2011 et en 20016. Et le principe de la présidence tournante entre les îles autonomes avait bien fonctionné. Mais cette alternance est, selon Maiga Abouba Aly, présentement mise à mal par l’actuel régime du pays. Alors que son mandat a pris fin depuis le 26 mai 2021, le président Azali Assoumani a décidé de prolonger son mandat à travers des assises nationales. Aussi bien que les membres du gouvernement de transition en exil, les six(6) avocats du dossier estiment que cette prolongation du mandat de l’actuel homme fort du pays est « anticonstitutionnelle et illégitime ». En outre, ils trouvent que le pays s’installe dans « la dictature, l’arbitraire et dans les violences massives des droits de l’homme ».En la matière, une mission dépêchée par l’ONU a tenté de mener des réconciliations en vain. De même, la cour africaine des droits et des peuples est intervenue dans l’affaire sans pouvoir obtenir une issue favorable entre le président et les opposants. Aux dires des conférenciers, des assassinats politiques et emprisonnements ont été dénombrés dans la situation qui prévaut aux Comores. L’ex-président Mohamed Ahmed Abdallah Sambi se trouve en détention provisoire, en plus d’autres personnalités mises en résidence surveillée, déplorent-ils en soulignant que l’objectif de la conférence est de jouer à l’apaisement du climat, voire d’appeler les parties à une résolution pacifique du problème. À défaut de cela, les avocats prévoient la saisine des juridictions compétentes pour que justice soit rendue.

Mamadou Diarra

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