En collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a tenu, le jeudi 7 mai dernier dans les locaux de l’Ecole de Maintien de la Paix Alioune Blondin Beye, la 16 édition du symposium national sur les droits de l’homme au Mali. Avec comme thème, « les sources endogènes des droits de l’homme au Mali », l’évènement était présidé par le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Mamoudou Kassogué, qui avait à ses côtés Me. Aissata Founè Tembély, présidente par intérim de la CNDH.
Dans sa prise de parole, le Garde des Sceaux a estimé que le choix de ce thème se justifie amplement. Cela, dans la mesure où le Mali reste l’héritier de plusieurs empires et royaumes qui ont tous marqué leur existence par des règles d’organisation sociale. Lesquelles ont réservé une place de choix aux conditions de bien-être et d’épanouissement individuel et collectif que le pays peut, dit-il, raisonnablement mettre sous le label droit de l’homme, tel que reconnu présentement. « Il me plait d’énumérer à ce propos, notamment l’empire du Ghana, l’empire Songhaï et l’empire du Mali. Il est regrettable, de nos jours, de constater au plan international, une instrumentalisation et une politisation constantes des questions des droits de l’homme contre certains pays, dont le nôtre, de la part de certaines puissances occidentales, sur la base d’argumentaires fallacieux, infondés et tendancieux, tendant à développer régulièrement et à démontrer de façon générale, que l’Afrique demeure en marge de la question des droits de l’homme, et pour certains en marge même de l’histoire universelle » , a martelé le ministre. En revisitant l’histoire du Mali de façon particulière, le Garde des Sceaux dira que l’intégration de la perspective des droits de l’homme remonte au 11èmesiècle, avec les manuscrits de Tombouctou. Ensuite, le serment des chasseurs du Mandé et la Charte de Mandé ou Charte de Kurukan fuga.
Ces différents documents constituent, selon lui, des véritables règles de protection des droits de l’homme tel que le monde connait aujourd’hui. A cette occasion, il a souligné que la charte de Mandé prône la paix et la cohésion sociale, la liberté individuelle, l’abolition de l’esclavage, le respect de la vie et de la dignité humaine. « Ce texte oral (charte de kurukan fuga), considéré comme l’une des premières déclarations des droits de l’homme, garantissait la sécurité, la propriété et préconisait la fraternité entre les peuples. Me fondant sur cette réalité tangible, je dirais avec force que l’antériorité des sources endogènes des droits de l’homme dans notre culture fait que notre peuple, notre pays n’a pas de leçon à recevoir en cette matière ».
Au nom de la CNDH, Maitre Aissata Founé Tembély s’est réjouie de la tenue des travaux, avouant que l’objectif général vise à déconstruire les stéréotypes, les préjugés sur les droits humains à travers la valorisation et la vulgarisation des sources endogènes. « Cet évènement s’inscrit dans le cadre de la mission de protection des droits de l’homme de la CNDH qui se veut un moyen de légitimation des droits humains dans un contexte de crise multidimensionnelle. Les droits de l’homme ne sont pas une importation », a-t-elle véhiculé, énonçant qu’une grande partie du symposium a été consacrée à l’origine des droits humains, les manuscrits de Tombouctou, la charte de Kurukan Fuga. Réitérant sa volonté à appuyer la CNDH dans ses initiatives, le PNUD a félicité l’organisation pour son engagement et sa détermination à protéger les droits de l’homme au Mali.
Mamadou Diarra
