La première conférence de presse du président de la FEMAFOOT, Mahazou Baba CISSET, a mis en lumière des défis financiers et administratifs importants au sein de l’instance dirigeante du football malien.
Au-delà de l’émotion, des commentaires et des débats que peut susciter une telle sortie, cette séquence doit surtout être analysée avec recul. Elle peut devenir un moment utile si elle permet d’ouvrir une nouvelle étape de gouvernance, de méthode et de professionnalisation.
Les éléments évoqués révèlent une fédération confrontée à plusieurs défis : tensions de trésorerie, dettes importantes, comptes à clarifier, contrats à auditer, budget à mieux suivre et administration à moderniser. Ces constats ne doivent pas nourrir la polémique. Ils doivent plutôt servir de point de départ à un travail sérieux de reconstruction institutionnelle.
L’enjeu n’est donc pas seulement de regarder le passé. Il est surtout de bâtir l’avenir. La FEMAFOOT doit désormais renforcer ses procédures internes, clarifier les responsabilités, mieux encadrer les achats, suivre l’exécution budgétaire, sécuriser ses données, inventorier son patrimoine et mieux valoriser ses partenariats.
Cette démarche est essentielle pour restaurer la confiance des clubs, des ligues, des joueurs, des supporters, des partenaires et de l’État. Le football malien a besoin d’une fédération stable, crédible et professionnelle, capable de transformer son immense potentiel sportif et populaire en véritable levier de développement.
Dans cette perspective, la transparence affichée par Mahazou Baba CISSET doit être comprise comme un point de départ. Elle ne doit pas être perçue comme une rupture conflictuelle, mais comme l’ouverture d’une nouvelle séquence : celle de la rigueur, de la redevabilité et de la modernisation.
La priorité doit rester claire : protéger l’institution, préserver l’unité du football malien et engager les réformes nécessaires avec sérieux et méthode.
L’alerte financière doit donc devenir une opportunité de refondation. Au-delà des responsabilités individuelles ou des débats du moment, la FEMAFOOT doit entrer dans une nouvelle phase : celle de la stabilité, de la transparence, de la création de valeur et de la confiance retrouvée.
C’est à ce prix que le football malien pourra attirer de nouveaux partenaires, mieux valoriser ses actifs et construire une gouvernance à la hauteur de ses ambitions.
Mahamet TRAORÉ
Expert en communication,
Analyste et consultant football,
Fondation de www.malifootball.com
