Alors que des rumeurs persistantes font état d’une éventuelle pénurie de carburant, l’Office malien des produits pétroliers (OMAP) dément toute rupture d’approvisionnement. L’institution rassure sur la disponibilité des stocks, rappelle que les prix plafonds fixés par l’État demeurent en vigueur et met en garde contre les spéculateurs.
Depuis quelques jours, des voix inquiètes se font entendre à Bamako et dans certaines localités de l’intérieur. Dans les stations-service, les files d’attente un peu plus longues que d’habitude alimentent la rumeur d’une pénurie imminente. Ces inquiétudes s’ajoutent à un climat sécuritaire marqué par un nouveau mode opératoire des groupes terroristes, qui ont récemment ciblé des opérateurs économiques en incendiant plusieurs camions-citernes sur l’axe routier Kayes-Bamako. Ce contexte a contribué à renforcer la crainte de perturbations majeures dans l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.
Face à cette situation, les autorités de la Transition multiplient les assurances. L’Office malien des produits pétroliers (OMAP), à travers son département des statistiques et de l’administration, a tenu à rétablir les faits. « Le Mali ne connaît pas de pénurie de carburant. La capitale et toutes les grandes villes sont correctement approvisionnées. Et toutes les dispositions sont prises pour assurer leur approvisionnement permanent », a affirmé Sassi Fané, chef par intérim du département.
Il reconnaît toutefois que certaines zones connaissent des difficultés particulières. « Pour des raisons sécuritaires, certaines dispositions spécifiques sont prises concernant quelques localités. C’est ce qui explique la situation observée par exemple à Mopti ou à Dioïla », explique-t-il. Ces mesures, précise le responsable de l’OMAP, visent avant tout à protéger les populations et à éviter que le carburant ne tombe entre de mauvaises mains.
En effet, l’or noir reste un enjeu stratégique dans le contexte actuel. Le carburant est essentiel non seulement à la mobilité des populations et au fonctionnement de l’économie, mais aussi à la logistique militaire et sécuritaire. Sa circulation fait donc l’objet d’une surveillance accrue. « L’objectif est de sécuriser davantage les populations et d’empêcher que le carburant ne se retrouve dans les mains de l’ennemi », insiste M. Fané.
Pour étayer son propos, l’OMAP rappelle que ses services disposent d’indicateurs et de statistiques actualisées permettant d’apprécier la situation réelle sur l’ensemble du territoire. « À ce jour, tous les stocks, aussi bien à Bamako que dans les capitales régionales, dépassent les seuils d’alerte », assure Sassi Fané.
Cette disponibilité s’accompagne d’un engagement ferme des autorités sur le plan tarifaire. Les prix plafonds fixés en mars dernier restent en vigueur, à savoir 775 francs CFA le litre de supercarburant et 725 francs CFA le litre de gasoil. L’OMAP avertit : « Tout opérateur pétrolier qui profite de cette situation pour vendre le carburant hors prix s’expose à des sanctions. »
Dans un contexte où la spéculation peut fragiliser le pouvoir d’achat des ménages et alimenter des tensions sociales, la vigilance citoyenne est désormais de mise. En réaffirmant la disponibilité du carburant et la fermeté de l’État face aux fraudeurs, l’OMAP envoie un signal rassurant que le Mali, malgré les défis sécuritaires, ne connaît pas de pénurie.
Issa Djiguiba
