Chahana Takiou, journaliste et Directeur de publication du bihebdomadaire ‘’22 Septembre’’ a été convoqué et placé sous mandat de dépôt, le lundi 8 juin 2026, par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, pour des faits présumés d’ ’’atteinte au crédit de l’Etat » à travers l’institution judiciaire. Courant mardi 9 juin, le journaliste Abderhmane KEITA, Directeur de publication du journal ‘’Le Témoin’’, a été également convoqué et placé sous mandat de dépôt par le Procureur du même Pôle. Des mesures face auxquelles la Maison de la Presse et les Organisations professionnelles de médias ont montré leur préoccupation.
Deux Doyens du monde des médias viennent d’être placés sous mandat de dépôt par le Pôle anticybercriminalté. Outre le cas du journaliste Youssouf Sissoko, Directeur de publication, ces deux responsables viennent d’être mis en prison dans le cadre de l’exercice de leur profession. D’où des inquiétudes et des interrogations quant à l’exercice de ce métier en cette période au Mali. Il s’agit de M. Chahana Takiou et Abdramane Keïta. Des situations face auxquelles la Maison de la Presse et les organisations professionnelles des médias ont exprimé leurs inquiétudes. Dans un communiqué rendu public, la Maison de la Presse et les organisations professionnelles des médias précisent que les faits allégués reprochés à notre Chahana Takiou se sont déroulés lors des activités du Forum Panafricain des Médias (FOPAME), tenu à Bamako du 3 au 6 juin 2026. Elles expriment leur incompréhension et leur profonde préoccupation à la suite de l’incarcération du journaliste pour des propos qui lui sont reprochés, soulignant que cette situation constitue un signal particulièrement préoccupant pour l’ensemble de la profession et entache les efforts consentis pour renforcer l’image d’un Mali en proie à une crise multidimensionnelle. Aussi, la Maison de la Presse et les organisations professionnelles des médias ont condamné avec fermeté ce mandat de dépôt qui ternit l’image de la Justice, de la Presse et de notre pays après la première édition d’un Forum international bien réussi. Invitant également l’ensemble des acteurs des médias à rester mobilisés en vue des actions futures qui seront entreprises contre cette ‘’atteinte flagrante et grave à la liberté d’opinion et de Presse’’. Son jugement est prévu pour le 27 juillet 2027.
Quant au journaliste Abderhmane Keïta, la Maison de la Presse et les organisations professionnelles des médias signalent que le Directeur de publication du ‘’ Le Témoin’’ est poursuivi pour des faits qualifiés de « délit à caractère régionaliste qui tend à porter atteinte à l’unité nationale et au crédit de l’État » et « publication et diffusion d’informations fausses et trompeuses dans l’intention que ces informations soient considérées comme authentiques par le biais d’un système d’information ». Le jugement de M. Abdramane Keïta est prévu pour le 17 août 2026. Ainsi, la Maison de la Presse annonce prendre acte de cette décision judiciaire, exprimant sa préoccupation face à la détention d’un professionnel des médias et réaffirmant son attachement à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et au droit à l’information. Elle appelle au respect des droits de la défense et à la tenue d’un procès juste et équitable, invitant l’ensemble des professionnels des médias à demeurer solidaires, responsables et attachés à la défense des libertés fondamentales.
Mamadou Diarra
