Rencontre avec le premier ministre : Les légitimités traditionnelles et religieuses apportent leur soutien à la transition

Ce jeudi 11 novembre 2021, le premier ministre de la Transition, Dr Choguel Kokalla Maïga, a rencontré au CICB, les légitimités traditionnelles et religieuses du Mali. La soixantaine de participants a, au nom de leur base respective, apporté leur soutien indéfectible à la transition. Par contre, certains ont expliqué les difficultés que traversent les populations de leur localité.

Soutenir la transition et sa prolongation. C’est la plaidoirie des légitimités traditionnelles et religieuses du Mali. Les chefs de villages, de fractions, leaders religieux et coutumiers ont apporté, tous, leur soutien inconditionnel aux autorités de la transition. Tous se sont également dit favorables à la prolongation de la transition et à la tenue des Assises nationales de la refondation. Ils ont d’ailleurs demandé à ce que tous les fils du Mali se donnent la main pour la réussite de cette transition.

Pour le représentant des participants au nom du district de Bamako, le Mali a besoin du soutien de tous ses enfants. « Priorisons le Mali tout en oubliant nos égos de côté. Chers chefs de villages et leaders religieux, travaillons pour la réussite de la transition. Disons la vérité à chacune des parties. Le monde entier nous observe, faisons en sorte que nous nous entendions », a plaidé M. Niaré.

Les représentants de Kayes ont proposé la prolongation de la transition jusqu’à 5 ans. « Nous soutenons ce que le premier ministre a dit à la tribune des Nation Unies. Nous soutenons cette transition, nous la soutiendrons. Vous avez représenté dignement le Mali, dignement le monde. On demande 5 ans pour la fin de la transition à partir du janvier 2022 », a déclaré Javier Traoré, chef de village de Yélimané.

Le représentant de Koulikoro a non seulement apporté son soutien à la transition mais également demandé la prolongation de la transition. Il a aussi dénoncé l’impérialisme et la pression de la classe politique malienne sur les autorités de la transition. « Nous soutenons fortement la transition. C’est le peuple qui doit décider de quand la transition va prendre fin, pas les politiciens. Nous vous soutenons parce que vous ne vous êtes pas aplati devant l’impérialisme », a déclaré El hadj Djibril Diarra de Koulikoro. « Nous demandons la prolongation de la transition et la tenue des assises nationales de la refondation », a affirmé, pour sa part, le représentant de la chefferie traditionnelle et religieuse de Sikasso.

Les représentants des régions de Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou, Kidal, Taoudenit, Menaka Nioro du Sahel, Kita, Dioïla, Douentza, Nara, Douentza, San, Bougouni, Koutiala ont tous apporté leur soutien aux autorités de la transition. Pour ces leaders traditionnels et religieux, les Maliens doivent se donner la main et s’unir comme un seul homme pour la réussite de cette transition. « Nous, à Nara, on ne peut pas parler d’élection. L’élection, c’est à Bamako. Ce que nous demandons aux autorités de la transition, c’est d’assurer la sécurité des personnes et leurs biens », a indiqué le représentant de Nara. Celui de Bougouni a dénoncé les agissements des hommes politiques qui se battent pour le respect de la durée de la transition. Pour lui, il n’est pas question de tenir les élections dans les circonstances actuelles. « Nous sommes derrière vous, M. le premier ministre. Cet après-midi, le Mali Koura a commencé. Vous nous donnez espoir. Continuez sur cette voie », a laissé entendre le représentant des légitimités traditionnelles et religieuses de la région de Koutiala. Pour le représentant de la région de San, la tenue des Assises nationales de la refondation est plus qu’une nécessité. Il a fait plusieurs propositions pour la réussite de ces ANR.

Par ailleurs, les représentants de certaines régions en difficulté ont plaidé, auprès du premier ministre, pour l’amélioration des conditions de vie des populations. Les régions en insécurité ont invité les autorités transitoires à redoubler d’efforts pour la sécurité des personnes et leurs biens. Quant aux nouvelles régions, elles ont évoqué leurs problèmes de découpages administratifs.

« Ce qui est attendu de vous est un devoir patriotique… »

Dans son allocution, le premier ministre a indiqué l’important rôle des légitimités traditionnelles et religieuses au Mali. Pour lui, les leaders traditionnels, coutumiers et religieux incarnent des vertus qui fondent l’humanisme des Maliens. Dr Choguel Kokalla Maïga a expliqué à ses hôtes les objectifs de son gouvernement. Réussir une transition de rupture et réussir la refondation de l’État du Mali est, selon le premier ministre, le combat du gouvernement du Mali. « Ce qui est attendu de vous est un devoir patriotique : soutenir la transition, formuler des bénédictions à ses dirigeants », a laissé entendre le premier ministre.  Dr Choguel Kokalla Maïga a enfin précisé  que les légitimités traditionnelles et religieuses, longtemps ignorées dans les concertations, seront désormais concertées comme les autres forces vives de la Nation.

Il faut rappeler que telle cérémonie est la première dans les annales de l’histoire du Mali.

Boureima Guindo

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