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Rapports : Guillaume Ngefa dénoncé depuis 2018

Depuis quelques années, des voix s’élevaient déjà au Mali contre Guillaume Ngefa, le chef de la division des droits de l’homme de la MINUSMA. Aujourd’hui, le gouvernement malien s’est résolu à déclarer ce fonctionnaire international persona non grata au Mali. La faute de Guillaume est d’accuser régulièrement les forces armées maliennes et leurs collaborateurs de mener des exactions contre les civils. C’est le témoignage de la jeune dame nommée Aminata Dicko contre l’armée malienne lors de la présentation du dernier rapport de la MINUSMA sur la situation au Mali qui aura finalement conduit les autorités à mettre fin au travail de Guillaume Ngefa.

Dans un communiqué rendu public le 5 février 2023, le fonctionnaire onusien a été prié de quitter le Mali dans un délai de 48 heures. Mais les agissements de la division droits de l’homme ne datent pas d’aujourd’hui, selon Chodi Ag, un membre de la Coalition GATIA _MSA. En 2018, cette coalition qui se bat contre les terroristes au nord du pays a réagi à un de presse animé par Guillaume Ngefa. Lors de ce point de presse, Guillaume Ngefa avait déclaré, « j’ai pu m’entretenir avec des représentants des communautés et des victimes des opérations anti-terroristes dans huit localités ».

Pour la coalition GATIA-MSA, cette affirmation étonnante amène à poser les questions à savoir : « A quelle date M. Guillaume Ngefa s’est-il rendu à Akabar, Akabar 2, Tabankort etc. ? A-t-il fait le déplacement avec qui ? A quel endroit exact a-t-il pu discuter avec les présumés victimes des opérations anti-terroristes ? L’a-t-il fait à l’intérieur de la caserne de la MINUSMA ? ». Mais la coalition MSA-GATIA, très présente sur le terrain, y compris dans les villages ci-dessus cités, dit n’avoir jamais eu connaissance d’une mission de Guillaume Ngefa dans ces localités à l’époque des faits supposés.

Dans son point de presse en 2018, Guillaume avait fait cas de l’exécution sommaire de 95 personnes dans les localités citées. La coalition GATIA-MSA s’est posé la question de savoir comment la division des droits de l’homme avait fait le décompte de ces prétendues exécutions. Ainsi, la coalition avait jugé nécessaire « d’attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le fait qu’un mensonge n’a jamais justifié un salaire, et n’a jamais été à l’origine du renouvellement de mandat d’une mission des Nations unies ! »

La coalition GATIA-MSA a également souligné que Guillaume Ngefa qui semble bien maitriser des langues comme la Tadaksahak, le Tamasheq, le Sonrhai, le fulfuldé, fait montre d’une ignorance honteuse et grave des us et coutumes de sociétés où la femme bénéficie d’un statut privilégié. La coalition s’est aussi interrogée si les exactions sur les femmes dont a parlé Guillaume lors de son point de presse n’étaient pas les dires de son interprète. Et la coalition de demander : « Les injonctions de déplacements forcés données à des villages entiers, ont-elles été donné par qui, sachant que les leaders de la coalition sont les seuls au Nord du Mali à avoir réussi parfaitement la reconquête de la cohésion sociale et la mise en avant de l’administration ? »

A l’époque de ces déclarations, les responsables du GATIA ont indiqué dans son point de presse que Ngefa semble donner des informations partisanes voire édictées par les ennemis de la paix au Mali.

« Ceci est d’autant plus réel que M. Ngefa a tout simplement fait exprès d’ignorer : la mise à feu du marché d’Infoukaretane avec exécutions sommaires de civils par des malfrats ; la mise à feu du marché d’Indelimane avec exécutions sommaires de civils par des bandits armés ; l’exécution de civils à Anderamboukane par les mêmes bandits ; la mise à sac du village d’Inwelane avec assassinats de vieux, dont des marabouts et la mise à feu de leur bibliothèque religieuse ; l’assassinat de civils dans la commune d’Anchawadj ; l’assassinat de civils à Tamalat ; l’assassinat de civils et mise à feu du marché d’Aglal. Il y a aussi l’exécution sommaire de civils à Imenas et Samett ; l’exécution sommaire de civils à Oudeina pendant la prière matinale à la mosquée etc ».

L’appel de la coalition MSA-GATIA n’a pas été entendu à l’époque par les responsables de la mission onusienne. La coalition avait demandé à la MINUSMA de choisir des gens neutres dans le cadre de ce genre d’investigation. Elle avait également informé qu’elle ne recevrait plus Guillaume Ngefa après ses allégations scandaleuses et honteuses qui étaient de nature à altérer les relations jusqu’ici très bonnes avec les acteurs du processus de paix dans les régions de Ménaka et de Gao.

Soumaïla Diarra

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