Depuis un moment, le mauvais comportement de certains hommes politiques durant les trente dernières années qui a mis en cause, sinon jeté de l’opprobre sur le régime démocratique dans son ensemble occupe le centre des débats. Parallèlement aux partisans des deux tendances (pour et contre la démocratie), Oumar Mariko, ancien homme politique, voire, l’un des acteurs clé du mouvement démocratique de mars 1991 vient de reconnaitre leur entière responsabilité dans la situation actuelle du Mali.
Dans un entretien accordé à un média étranger à la suite de sa visite controversée au groupe armé terroriste du JNIM pour, dit-il, rencontrer des otages maliens, l’opposant malien en exil, Oumar Mariko a déclaré la responsabilité pleine et entière des hommes politiques dans la dégradation de la situation sécuritaire du Mali.
« C’est le comportement politique des années de démocratie, disons même, de l’État poste colonial. C’est le comportement des hommes politiques qui a créé toute cette situation », a-t-il indiqué.
Pour rappel, depuis l’avènement de la transition, les nouvelles autorités du Mali ont, au nom de la refondation de l’État, initié des consultations nationales dont les conclusions ont recommandé une relecture profonde de la scène et de l’exercice de la politique au Mali.
La mise en œuvre de cette recommandation phare du peuple a successivement conduit à la suspension puis à la dissolution des partis politiques avant les possibilités de création de nouveaux partis politiques sur de bases saines et adaptées aux réalités fondamentales du Mali.
Depuis, le débat sur la gouvernance démocratique durant les trente dernières années a occupé les discussions opposant les militants et ceux qui sont contre ce régime politique.
Cette déclaration du Dr Oumar Mariko vient couper court aux débats et par ricochet légitimer la nouvelle dynamique adoptée par les plus hautes autorités de la transition, notamment de rompre définitivement avec l’ancien système de gouvernance.
Issa Djiguiba
