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Mali-France : Diop recadre Chrysoula Zacharopoulou

Lors de son allocution au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, n’a pas raté l’occasion de recadrer la secrétaire d’Etat française Chrysoula Zacharopoulou qui s’était exprimée quelques heures plus tôt sur la transition politique en cours  au Mali. Pour Abdoulaye Diop, cette sortie de Chrysoula Zacharopoulou « était  politiquement correcte à entendre, mais c’est très loin de la réalité ». 

Apparemment, les attaques verbales entre le Mali et son ancienne puissance colonisatrice (la France) n’entendent pas s’arrêter de sitôt. Après la passe d’armes spectaculaire avec le représentant de la France à l’ONU  en marge du sommet du Conseil de sécurité sur le rapport du secrétaire Général des Nations unies au Mali, le ministre  Abdoulaye Diop a de nouveau lever le bouclier contre l’offensive française contre son pays. Si la Française considère  que le régime  de  Bamako se « bat  pour sa survie », le ministre Abdoulaye Diop a souligné  que la seule « survie pour laquelle le Mali se bat, c’est la survie du Mali en tant qu’Etat ». Une survie qui demeure menacée,  parce que seulement « la France à la tête d’une coalition internationale est intervenue en Lybie » pour des raisons jusqu’à présent inavouées.

A ses dires, cette intervention en Libye par la France et ses alliés est à la base de la déstabilisation de toute l’Afrique, au-delà des régions du Sahel.

Donc, que France ne se lamente pas en pompier autour d’une flamme qu’elle a elle-même allumée. « Une défaillance géostratégique monumentale », qualifie-t-il cette opération que la France et ses alliés n’arrivent toujours pas à assumer.

En outre, pour ce qui concerne le pouvoir de Bamako, « un régime  qui a une telle assise populaire n’a pas à s’inquiéter pour sa survie », assure-t-il.

Sur un autre point de la déclaration de la secrétaire d’Etat française Chrysoula Zacharopoulou, notamment là où elle indique que la France n’entend pas se substituer aux armées africaines, le chef de la diplomatie malienne ne laisse pas passer encore.  En réponse, il a rappelé que c’est suite à la décision de l’armée française de bloquer encore  les Forces armées maliennes (FAMa) à la porte de Kidal en 2013 après la libération de Tombouctou et de Gao que cette situation d’insécurité règne toujours au Mali.

Au-delà  d’une parfaite illustration que la France se substitue belle bien  aux armées africaines, le ministre estime qu’elle s’est ingérée  dans les  affaires intérieures d’un pays souverain. « Si on vient, on aide dans le partenariat, dans la sincérité, on s’ingère pas les affaires des gens. On considère que le peuple malien est notre ami et non une partie des Maliens », a-t-il regretté.

Issa Djiguiba

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