Lutte contre la COVID 19 : Les causes du faible taux de vaccination des femmes

Le Mali reçoit constamment des dons de vaccins pour éradiquer au plus vite la pandémie dangereuse de coronavirus. Au cours de cette vaccination il a été démontré par les statistiques que les hommes se font plus vacciner que les femmes. Pour voir claire dans ce constat nous avons décidés d’aller sur le terrain. Lisez l’article plutôt !

Selon Dr Ibrahim Diarra médecin de santé public et directeur au Centre National de Santé (Section Immunisation), « Les hommes se font plus vacciner que les femmes du point de vue statistiques ». Ce bas quota des femmes, selon lui, a une explication.  « Cela peut être dû aux faites que dans la vaccination, ils y’a des femmes enceintes et les femmes allaitantes qui sont exclues, parce qu’on n’a pas encore des éléments clairs sur ces femmes pour pouvoir les vacciner ». Mais au-delà de cet aspect, la mauvaise information a aussi découragé les femmes à se faire vacciner. Aux dires du directeur du Centre National d’immunisation (CNI) trop de mauvaises informations ont circulé au début des sensibilisations sur le vaccin. Même les journalistes ont contribué, selon lui, à cette campagne de désinformation. « Ces rumeurs et désinformations ont créé le doute chez beaucoup de Maliens et a favorisé la baisse du taux de vaccination », a regretté Dr Diarra.

Nombreuses sont des femmes qui ont effectivement refusé de se faire vacciner à cause des mauvaises informations. « J’ai peur de me faire vacciner parce que j’ai vu des vidéos sur les réseaux qui expliquent les dangers du produit. On a indiqué que même si le vaccin épargne contre la covid-19, il provoque d’autres maladies. Donc j’ai préféré ne pas prendre le risque », nous a confié une femme d’une quarantaine d’années à l’anonymat. Une autre, par manque de sensibilisation peut-être, dit ne pas avoir confiance à ce « vaccin importé » de l’occident.  « Je ne me vaccine pas parce que je ne fais pas du tout confiance à ce vaccin. J’ai vu des gens qui ont passé des jours à l’hôpital après avoir reçu leur dose de vaccin », a-t-elle soutenu.

Une autre femme illettrée, habitant à Baco-djicoroni dit détester tout le vaccin contre le coronavirus. « J’ai appris que les blancs ont envoyé ce produit pour nous empêcher d’avoir beaucoup d’enfants. Sinon pourquoi nous envoyer un vaccin contre une maladie qui n’existe pas », a-t-elle affirmé.

« Pour moi, les femmes refusent tout simplement de se faire vacciner car les rumeurs les ont dominés. Parfois, dans les centres de santé de vaccination, sur 20 personnes, on ne trouve que 4 femmes qui se vaccinent » déplore Dr Cheick, vaccinateur.

Manque de sensibilisation

Les femmes de Bamako et ses environs semblent ignorer tout sur les vaccins luttant contre le coronavirus. Les fausses informations sur les réseaux sociaux ont dominé leur conscience. Cela est dû au fait que les autorités n’ont pas trop communiqué à leur niveau. C’est ce qu’a d’ailleurs soutenu Dr Diarra : « certes, au départ, il y a eu une insuffisance de sensibilisation, mais nous sommes en train de faire de notre mieux pour renforcer cette sensibilisation pour une meilleure compréhension de l’importance de se faire vacciner par ce vaccin ». Selon lui, « les femmes n’ont aucune raison d’avoir peur de se faire vacciner. Il n’y a pas eu de décès lié à la vaccination contre la covid-19 ». Il a, par la suite, précisé que l’ASTRAZENECA tout comme le SINOVAC et JOHNSON AND JOHNSON est efficace. « Il faut se faire vacciner, il faut éviter d’écouter les rumeurs sur les réseaux sociaux », a-t-il prêché.

Toutefois, Dr Diarra a précisé que les études ont prouvé que si on se fait vacciner contre la covid-19, on n’a moins de chance de faire les formes graves de cette pandémie qui nécessiterait l’oxygénation où même le décès. « Le vaccin est efficace. Ça ne prévient pas de faire la maladie certes, mais ça t’évitera de contracter les formes graves », révèle-t-il.

Afin que la sensibilisation domine sur les fausses informations concernant ce vaccin, 4 axes de plan de communication ont été mis en place, à savoir : le plaidoyer en faveur des autorités pour qu’ils adhèrent, la communication dans les médias, et la gestion des rumeurs, l’engagement communautaire et le suivi de tous ces axes.

Rappelons que le taux de vaccination au Mali n’est pas plus de 4% soit 145.555 personnes dans les régions de Kayes, Mopti, Tombouctou, et Bamako pour le vaccin Johnson and Johnson et 173.242 personnes dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Gao et Bamako pour le 1e tour du vaccin ASTRAZENECA.  Se faible taux s’explique par le fait qu’il n’y’a pas assez de vaccin pour toute la population.

Réalisé par Tioumbè Adeline Tolofoudié

Cet article a été publié avec le soutien de JDH (Journaliste pour les Droits Humains et Affaires Mondiales Canada)

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