Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a rejeté, le 29 octobre, la demande d’urgence qui avait été déposée par la société minière canadienne, Barrick minning, contre le Mali. Ladite demande avait pour objet de solliciter la suspension des actions engagées par les autorités de la transition pour la gestion provisoire, six mois durant, du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, dans la région de Kayes.
Suivant plusieurs sources, ce rejet constitue une victoire juridique pour Bamako, voire consolide la position des autorités de la transition dans l’un des bras de fer économiques les plus sensibles du pays. Le différend entre l’État malien et Barrick Mining porte sur la gestion du complexe minier de Loulo-Gounkoto, situé dans la région de Kayes, à l’ouest du pays. Le groupe canadien, qui exploite le site depuis plusieurs années, avait jugé important de saisir la juridiction internationale, en l’occurrence le CIRDI, avec une demande d’urgence. Cette saisine a eu lieu suite à une série de tensions avec les autorités maliennes concernant la gouvernance, la fiscalité et les conditions d’exploitation. Dans ce conflit qui oppose les parties, le géant minier canadien avait notamment réclamé la suspension des mandats d’arrêt émis contre quatre de ses cadres détenus à la maison centrale d’arrêt de Bamako ; la nomination d’un administrateur provisoire pour superviser le site de Loulo-Gounkoto ; ainsi qu’une mesure conservatoire sur la licence d’exploitation de Loulo, dont l’échéance est prévue en 2026.
La victoire du Mali devant la justice internationale
Selon les informations, le rejet de la demande canadienne a été fait par la juridiction internationale à travers une décision qui a été rendue publique le 29 octobre. Dans sa décision, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a estimé que les conditions d’urgence et de préjudice irréparable invoquées par Barrick Mining n’étaient pas réunies. Comme conséquence, il a décidé de rejeter la requête de la société étrangère. Chose qui permet désormais au gouvernement malien de poursuivre sans gêne ses actions sur le plan national. Notons que le site du complexe minier de Loulo-Gounkoto a été placé sous l’administration provisoire par le tribunal du commerce de Bamako, pour une durée de six mois. Zoumana Makadji, un expert-comptable et ancien ministre de la Santé a été nommé administrateur provisoire, pour pouvoir gérer l’exploitation minière et préserver les intérêts de l’État malien. Ladite décision a permis la reprise des activités dudit site qui avaient été arrêtées en janvier 2025. Décision en vertu de laquelle l’État a pu avoir une main mise sur le site.
Mamadou Diarra
