Dans une correspondance adressée à SEM l’ambassadeur, Juan Ramon, président du comité du conseil de sécurité des Nations unies, le mercredi 10 août 2022, le gouvernement de la transition invite la mission onusienne à se conformer à son mandat au Mali. En effet, les autorités maliennes estiment que l’organe mis en place dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation sort de plus en plus du mandat à lui confié par le conseil de sécurité.
«Le gouvernement du Mali constate avec regret, que le groupe d’experts sur les sanctions concernant le Mali, sort de plus en plus du mandat à lui confié par le Conseil de sécurité » a noté cette correspondance adressée à SEM Juan Ramon, ambassadeur, Représentant du Mexique auprès des Nations unies, président du comité du conseil de sécurité des Nations unies, le mercredi 10 août 2022. L’objectif : attirer son attention sur sa mission principale au Mali, notamment, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. Aussi rappelle-t-il également que « la mise en œuvre de l’Accord couvre uniquement les régions du nord du Mali, contrairement aux autres régions qui ne sont pas dans son champs d’application. « Le gouvernement du Mali est particulièrement préoccupé par l’intérêt de plus en plus croissant du groupe d’experts pour l’exploitation des ressources minières du pays en général » précise le gouvernement tout en soulignant que les questions relatives aux droits de l’homme et au droit international humanitaire auxquelles fait référence le groupe d’experts ne révèlent pas de son mandat. Il a rappelé d’ailleurs que ces sujets sont déjà pris en charge par plusieurs mécanismes des Nations unies. Par conséquent, le gouvernement de la transition a invité le groupe d’experts à se concentrer strictement sur ses objectifs, car dit-il que l’administration malienne n’a pas le personnel et ni le temps nécessaire pour répondre aux multiples sollicitations d’informations, de rapports, de visites et autres formes de consultations du groupe d’experts. Aussi a-t- souligné la nécessité que les instruments des Nations unies soient plus méthodiques dans la gestion de la crise malienne. « Je rappelle que ces mécanismes ont été mis en place en 2017, à la demande écrite du gouvernement du Mali, dans le contexte des affrontements meurtrières entre les mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, afin de lever les entraves à la mise en œuvre diligente de cet accord» a indiqué le chef de la diplomatie malienne, SEM Abdoulaye Diop avant de mettre l’accent que « la poursuite de cette coopération du gouvernement du Mali sera désormais liée au respect strict par le groupe d’experts de son mandat, conformément aux dispositions des paragraphes 11 à 15 de la résolution 2374(2017) ». Concernant les multiples sollicitations du groupe d’experts, la correspondance a été claire : l’administration malienne « doit prioritairement se consacrer à la satisfaction des demandes légitimes de nos compatriotes. Il y a donc un besoin urgent de coordination et de rationalisation des instruments mis en place par les Nations unies dans le cadre de la crise malienne. »
Issa Djiguiba
