Fonds covid-19, aide à la presse… : Les hommes de médias dénoncent et interpellent

Les hommes de médias ont dénoncé, au cours d’une assemblée générale, la marginalisation de la presse par le pouvoir public au sujet, non seulement du fonds covid mais aussi de l’aide à la presse. « Les médias maliens, orphelins de la covid-19 et de la transition » était le thème de ladite assemblée .

Elles restent de plus en plus nombreuses, ces difficultés auxquelles les hommes de médias continuent de confronter dans leur quotidien. Pour alors évoquer ces problèmes, différentes faitières de presse dont la maison de la presse ; ASSEP ; UERTEL, APPEL-Mali…, s’étaient réunies à la maison de la presse. Dès sa prise de parole, Badiougou Danté, président de la maison de la presse a confié ceci : « Cette conférence de presse à valeur d’assemblée générale des médias maliens du secteur public comme du secteur privé ». Il fallait, selon lui, se rencontrer ce mercredi pour expliquer les différentes actions que les faitières de presse sont en train de mener dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des hommes de médias. Aux dires de bandiougou, Il fallait, via cette conférence, aussi se rencontrer pour attirer l’attention des autorités et des pouvoirs publics sur les difficultés auxquelles les médias maliens sont confrontés. « Par cette conférence, indique M. Danté, il s’agissait d’attirer l’attention des Maliens et des autorités sur nos difficultés, et de faire comprendre que les organisations professionnelles assurent un rôle d’interface entre les pouvoirs publics et les médias ». Parmi les difficultés auxquelles les médias font face, le président de la presse a mis l’accent sur le retard accusé dans le paiement de l’aide à la presse ; l’impact de la covid-19 dans le secteur. Laquelle maladie à coronavirus fait que les radios et les télévisions ont du mal à engendrer des recettes au moment où, a-t-il déploré, l’État est en train de les demander le paiement des taxes et des impôts. Bref et précis, Bandiougou Danté n’a pas caché les problèmes que sentent les journalistes : « C’est vraiment compliquer, les organes de presse souffrent énormément au Mali et il faut que les autorités trouvent des politiques nécessaires pour permettre à cette presse de pouvoir survivre ».

Exprimant toujours son ras-le-bol, Bandiougou a fait part que cela fait déjà trois ans que l’aide à la presse n’est pas payée par l’Etat malien. Chose qui l’amène à soutenir que cela dénote, quelque part, un manque de volonté de la part des politiques. Parlant de la convention collective, il précise que l’application de cette convention doit permettra l’amélioration des conditions de vie et de travail des journalistes dans les différents organes. Mais avec la situation dans laquelle se trouvent les médias, le respect de ladite convention est impossible, ajoute Bandiougou Danté. A cette occasion, Bandiougou Danté a appelé les journalistes à aimer leur métier et travaillé avec l’éthique et déontologie en se professionnalisant. Avec cette première mobilisation de détaille faite par les hommes de médias qui avaient rempli la grande salle de la maison de la presse, Bandiougou Danté se dit sûr que les nouvelles autorités ne resteront pas indifférentes face aux préoccupations évoquées. De son côté, Modibo Fofana de l’APPEL-Mali s’est félicité pour la présence de toutes les faitières. Les difficultés auxquelles les médias maliens sont confrontés ont été largement discutées au cours de cette conférence, se félicite-t-il. Comparativement à des pays comme le Sénégal, le Burkina Faso et autres, il déplore la misérable somme (200 millions F CFA) que l’Etat du Mali donne aux médias en guise « d’aide à la presse ». Avec cette nouvelle loi sur la cybercriminalité, Modibo Fofana estime que « si les gens ne s’unissent pas pour la dépénalisation de la presse, chacun pourra se retrouver un jour en prison à cause de quelques dérapages ».Aussi présent, Chahana Takiou de renchérir avec ces mots : « la communication c’est de l’argent, mais les gens veulent communiquer gratuitement. Cela n’est pas possible. Il faudrait que l’État et l’opinion comprennent que la communication a besoin des moyens ». Les journaux et les canaux ne peuvent pas continuer à travailler sans argent, a-t-il craché, dénonçant que l’État n’est pas en train de jouer sa partition pour le fonctionnement du monde médiatique. Et d’être encore clair : « A l’allure où vont les choses, on est en train de tuer la presse à petit feu. On ne peut pas accepter cela ». Il trouve que l’État doit s’assumer.

Mamadou Diarra

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