Plongé dans « l’impasse », le Mali a toujours fait recours à presque toutes les solutions envisageables en vue de mettre un terme à la crise multidimensionnelle dont traversent, depuis plus d’une décennie, les Maliens de l’intérieur et de l’extérieur. En la matière, les autorités et les différents acteurs se sont attaqués à tous les axes pouvant ramener la paix et la quiétude d’antan, sans pouvoir être en mesure de résoudre l’épineuse problématique de l’injustice sociale dans le pays, l’hydre qui continue malheureusement son chemin.
Depuis 2013 à nos jours, le Mali se voit obligé de faire recours à toutes les alternatives susceptibles de ramener la paix, la stabilité et le vivre ensemble dans le pays. Pour ce faire, les plus hautes autorités ont, en 2015, signé le document appelé l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Laquelle signature a eu lieu entre les autorités d’alors et les groupes armés protagonistes. Des efforts ont été alors consentis par l’Etat malien, voire des gros moyens investis afin de ramener « les belligérants » à la raison. Mais hélas. La question de l’insécurité demeure toujours au cœur de l’actualité nationale. S’y ajoute la problématique de DDR et de mise en œuvre du fameux accord d’Alger. Comme corollaire, constatons de visu, des villages continuent d’être brûlés par les forces du mal, des civils froidement assassinés, des militaires attaqués, des milliers d’écoles fermées au centre, au nord et dans d’autres localités du pays. L’hydre continue ainsi son chemin dans le pays. Partant de l’avis de nombreux observateurs nationaux, il reste pourtant clair que l’un des facteurs ayant contribué à la dramatisation de cette crise sécuritaire au Mali est l’inégalité sociale. La justice sociale contribue au meilleur fonctionnement des sociétés et des économies, réduit la pauvreté, les inégalités et les tensions au sein des sociétés du monde. La justice sociale est, indique-t-on, une construction morale et politique visant l’égalité des droits des citoyens. Elle conçoit la nécessité d’une solidarité collective entre les personnes d’une même société donnée. Des propos dénotant que la justice sociale joue un rôle important dans la mise en place des modèles de développement socio-économique plus inclusifs et durables dans le cadre de la réalisation des objectifs de développement durable (ODD). Lors de la commémoration, le lundi 20 février 2023, de la Journée mondiale de la justice sociale, des défenseurs des droits de l’homme se sont prononcés sur la question. Se fiant aux précisions données par nos confrères de ‘’Studio Tamani’’, il ressort que les inégalités économiques et sociales s’amplifient au Mali. Ce qui sous-entend qu’il y a encore des efforts à fournir pour l’enraiement du fléau. « On ne peut pas donner de l’argent à chacun, mais on peut créer des conditions pour lutter contre le paludisme, le chômage ou investir au niveau des structures de santé, eau, hygiène, assainissement », selon Ibrahim Coulibaly, membre de la coalition des organisations de la société civile pour la lutte contre la corruption et la pauvreté. Pour promouvoir la justice sociale, il ne suffit pas seulement de créer des emplois. Mais il est aussi question de la protection des droits humains et des libertés fondamentales, confient des défenseurs de droits de l’homme à nos confrères de ‘’Studio Tamani’’. On se souvient encore, lors de la Semaine de la justice tenue en janvier dernier, des propos de l’actuel ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Mamoudou Kassogué. Une occasion lors de laquelle il tenait à faire d’ailleurs comprendre aux magistrats que toutes les sociétés du monde ont besoin de la justice. « Dans toute société où il y a l’impunité et l’injustice, cette société se détruit d’elle-même », rappelait le ministre aux magistrats du pays. Comme témoigné par plus d’un, l’analyse du contexte socioéconomique et politique fait dire que la crise sécuritaire du Mali se trouve à la fois cristallisée à cause du chômage des jeunes enrôlés et manipulés par des terroristes, mais aussi et surtout par l’injustice sociale.
Mamadou Diarra
