À Bamako comme dans les capitales régionales, la consommation détournée du protoxyde d’azote, une nouvelle dérive inquiétante chez les jeunes, a été signalée par l’Office Central des Stupéfiants qui menace de sévir face à la situation. Dans une publication datant du lundi 14 septembre, la structure a mis un accent sur les risques et les dangers liés à la consommation illégale du produit.
Selon l’OCS, le protoxyde d’azote est également connu sous plusieurs appellations : gaz hilarant, le proto et ballon… Le produit fait actuellement l’objet d’un usage détourné par des jeunes en quête de sensations rapides. Le phénomène discret mais préoccupant commence à émerger dans les grandes villes. L’Office Central des Stupéfiants déplore la saisie du fameux produit à travers ses antennes. Les opérations de saisie ont eu lieu dans les boîtes de nuit ou maquis. La dernière saisie en date concerne le démantèlement d’un grand dépôt de protoxyde d’azote à Badalabougou et Yirimadio Zerni, le vendredi 27 mars 2026.
Selon plusieurs témoignages, cette pratique gagne du terrain dans certains milieux urbains. L’inhalation du gaz, souvent à l’aide de ballons, procure une euphorie immédiate, mais de courte durée. Un effet trompeur qui masque des conséquences potentiellement graves sur la santé publique, a-t-on appris de l’OCS, soulignant que sur les réseaux sociaux et dans certains cercles festifs, cette pratique est parfois banalisée, voire présentée comme inoffensive, alors que les spécialistes de la santé alertent sur une réalité bien différente. Derrière l’effet euphorisant se cachent des dangers sérieux. Selon l’Office Central des Stupéfiants, l’usage répété du protoxyde d’azote peut provoquer des troubles neurologiques sévères, des pertes de mémoire et des difficultés motrices, une carence en vitamine B12 et des risques d’asphyxie. Dans certains cas, a-t-il expliqué, les conséquences peuvent être irréversibles, voire mortelles.
Urgence d’agir face à la situation
L’alerte reste ainsi lancée aux parents pour la sensibilisation des jeunes, mais aussi pour l’implication des familles, des éducateurs et un encadrement plus strict de la vente du produit. « Si rien n’est fait, le protoxyde d’azote pourrait devenir une nouvelle porte d’entrée vers des conduites addictives plus graves. Le défi est donc d’agir tôt, avant que ce phénomène ne prenne de l’ampleur », a fait savoir la structure, mettant en lumière la montée inquiétante de la consommation détournée du protoxyde d’azote.
« Le protoxyde d’azote, bien qu’utilisé légalement dans certains domaines médicaux et alimentaires, représente un réel danger lorsqu’il est consommé à des fins récréatives. Son usage détourné peut entraîner de graves conséquences sur la santé, notamment des troubles neurologiques, des pertes de connaissance, voire des accidents mortels », a indiqué le colonel-major Fousseyni Keîta. Le Directeur a également invité les jeunes, principales cibles de ce phénomène, à faire preuve de responsabilité et à ne pas céder à cette pratique dangereuse aux conséquences souvent irréversibles. Quant aux parents, ceux-ci sont invités à renforcer la vigilance au sein des familles, à dialoguer davantage avec leurs enfants et à détecter tout comportement suspect.
En la matière, il est demandé aux commerçants de ne pas participer, directement ou indirectement, à la vente abusive ou suspecte de ce produit. Résolument engagé à sévir, l’OCS invite l’ensemble de la population à signaler toute activité liée à l’usage détourné ou au trafic de ce gaz aux services compétents, réitérant que la lutte contre les nouvelles formes de consommation des substances psychoactives est une responsabilité collective.
Diarra Mamadou
