Le Mali connait depuis 2012 une crise sécuritaire multidimensionnelle qui a affecté tous les secteurs vitaux du pays dont les conséquences sur le secteur de l’éducation se traduisent par la menace sur l’accès à l’éducation pour des milliers d’enfants en âge d’être scolarisés. Afin d’améliorer les résultats d’apprentissage, la Direction nationale de l’enseignement fondamental (Dnef) et ses partenaires, notamment la Banque mondiale, le Partenariat mondial pour l’éducation… ont organisé, du 1er au 26 août 2022, des cours de rattrapage dans certaines écoles publiques.
Il convient de rappeler que cette crise a provoqué le déplacement massif des populations et des fermetures d’écoles ; la destruction des infrastructures et des équipements scolaires dans les régions affectées et la dégradation de l’environnement d’apprentissage dans les régions d’accueil au Sud du pays ; l’exacerbation de la pénurie d’enseignants et des difficultés liées à leur gestion ; la démobilisation du personnel éducatif, y compris des enseignants et des élèves affectés ; l’interruption des activités d’enseignement et d’apprentissage.
Ces situations ont créé les conditions favorables à la recrudescence des abandons et l’absentéisme des élèves et des enseignants. De plus, les grèves répétitives des syndicats d’enseignants ont mis à mal le fonctionnement normal du système éducatif. S’y ajoute l’avènement de la Covid-19 qui a également impacté l’école.
Rehausser le niveau des élèves
Pour pallier ces difficultés, la Direction nationale de l’enseignement fondamental, à travers le projet Miqra, a entrepris d’organiser des cours de rattrapage pour assurer la continuité pédagogique et rehausser le niveau des élèves. Les présents termes de référence ont été élaborés dans cette optique.
Pour veiller au bon déroulement des cours de rattrapage, plusieurs équipes de supervision ont été constituées afin de vérifier l’effectivité de la tenue des cours, l’effectivité de la participation des élèves aux cours, l’application correcte des programmes d’études retenus, vérifier l’implication des enseignants/encadreurs retenus aux cours de rattrapage.
Précisons que celles-ci sont composées selon les itinéraires suivants : (axe 1 : Bamako – Kita – Bamako), (axe 2 : Bamako-Bougouni-Bamako), (axe 3 : Bamako-Dioïla-Fana-Bamako), (axe 4 : Bamako-Nioro-Bamako), (axe 5 : Bamako-Sikasso-Bamako), (axe 6 : Bamako-Ségou-Bamako), (axe 7 : Bamako-Kéniéba-Bamako), (axe 7 : Bamako-Koutiala-Bamako).
Aussi, chaque équipe de mission a sillonné les centres du lieu de résidence de l’AE. Les superviseurs nationaux ont visité, en sus, au moins un centre du district de Bamako. Par ailleurs, chaque directeur d’Académie d’enseignement (AE) a assuré la supervision dans le chef-lieu de sa circonscription.
S’assurer de la bonne tenue des cours
En ce qui concerne l’Académie d’enseignement de Bamako rive gauche (AE/BRG), ces cours de rattrapage se sont tenus dans les huit Centres d’animation pédagogique (CAP) que compte l’académie. Ainsi, pour s’assurer de la bonne tenue de ces cours, la directrice de l’AE/BRG, Koné Rakiatou Dia, a sillonné les différents centres des huit CAP de sa circonscription. Parallèlement, la cheffe de division éducation de base (DEB), Diallo Hawoye Maïga, a visité les 41 centres des huit CAP.
Précisons que 1 537 élèves dont 731 garçons et 806 filles de l’AE/BRG ont participé activement à ces cours de remédiation organisés dans le cadre du projet Miqra. Cet effectif se décline comme suite : CAP de Djélibougou (100 élèves dont 46 garçons et 54 filles), CAP de Banconi (281 élèves dont 102 garçons et 179 filles), CAP Hippodrome (190 élèves dont 77 garçons et 113 filles), CAP de Bozola (315 élèves dont 185 garçons et 130 filles), CAP de Bamako-coura (105 élèves dont 59 garçons et 46 filles), CAP du Centre commercial (117 élèves dont 49 garçons et 68 filles), CAP de Lafiabougou (177 élèves dont 79 garçons et 98 filles) et CAP de Sébénikoro (252 élèves dont 134 garçons et 118 filles).
Le nombre de filles dépasse celui des garçons
L’analyse de ces chiffres laisse apparaitre qu’à l’exception de trois CAP, notamment Bozola, Bamako-coura et Sébénicoro où le nombre de garçons dépasse celui des filles, dans les cinq autres CAP les filles sont plus nombreuses que les garçons.
Au cours des différentes missions de supervision, plusieurs parents d’élèves et encadreurs ont exprimé leur satisfaction par rapport à l’organisation de ces cours de remédiation qui, selon eux, permettra de rehausser le niveau des élèves.
Aussi, plusieurs encadreurs ont évoqué quelques difficultés relatives au manque de communication auprès des communautés, à l’absence de programme spécifique, au manque de motivation dû à l’hivernage et des activités extrascolaires des élèves, au manque de matériel, notamment de craies, car les encadreurs utilisaient les quelques boîtes de craies des directions, alors que les directeurs d’écoles n’ont pas été impliqués dans l’organisation de ces cours.
Certains ont estimé que ces cours sont très bénéfiques pour les enfants parce qu’ils jouent un rôle capital en leur permettant de se rappeler les notions de l’année écoulée et leur donner plus de vivacité pour entamer la prochaine année scolaire.
Utiliser les réseaux sociaux pour inviter les élèves
Pour pallier ces difficultés, notamment celle relative au manque de communication, certains ont proposé d’utiliser les différents groupes de réseaux sociaux pour inviter les élèves. Et d’ajouter de faire une large communication à travers les différents supports de média dans toutes les langues en impliquant aussi les directeurs d’écoles qui peuvent participer à la sensibilisation des parents.
Par rapport à la question du choix des encadreurs, il a été également proposé de changer le mode de désignation des encadreurs, car le départ a été très difficile parce que les encadreurs ont été choisis en fonction du cahier de bord.
Quant aux difficultés relatives à l’absence de programme, il ressort que les encadreurs ont commencé par identifier les lacunes et ont orienté les cours de manière à combler celles-ci.
Le temps est insuffisant et le manque de communication. Donner les informations à temps. Faire un test à la fin des cours afin de récompenser les meilleurs élèves.
Par ailleurs, les encadreurs ont proposé l’introduction de l’éducation de la santé sexuelle, l’organisation d’un test à la fin de chaque session afin de primer les meilleurs élèves…
Développer le capital humain
Précisons que la Direction nationale de l’enseignement fondamental a pour mission d’élaborer les éléments de la politique nationale en matière d’enseignement fondamental et d’assurer la coordination et le contrôle de sa mise en œuvre. Ainsi, au regard des nombreux défis auxquels le système éducatif est confronté et conformément au Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable (Unsdcf-Mali) pour la période 2020-2024, notamment dans sa dimension « développement du capital humain », la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’éducation ont décidé de poursuivre leurs appuis au secteur de l’éducation à travers la préparation et le financement du Projet d’amélioration de la qualité et des résultats de l’éducation pour tous au Mali (Miqra) qui s’inscrit parfaitement dans le cadre de la 2ème génération du Programme décennal de développement de l’éducation et de la formation professionnelle de deuxième génération (Prodec 2).
Le projet Miqra vise à améliorer les résultats d’apprentissage dans les premières classes du primaire dans les zones ciblées, de promouvoir l’accès des filles au premier et au second cycles de l’enseignement secondaire dans les zones mal desservies et d’améliorer la gouvernance du système éducatif.
Améliorer la résilience du système éducatif dans un contexte décentralisé
Pour une durée de six ans, le projet Miqra comprend cinq composantes, entre autres : améliorer la qualité des enseignements fondamental et secondaire en soutenant directement un ensemble d’interventions visant à améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage inadéquates ; s’attaquer aux défis critiques du faible taux d’inscription, de transition et de rétention des filles dans le second cycle du fondamental et le secondaire général, ainsi qu’à l’augmentation du nombre de jeunes non scolarisés ; appuyer les mesures de réponse du secteur de l’éducation à la pandémie de la Covid-19 et améliorera la résilience du système éducatif dans un contexte décentralisé.
Notons que la composante 4 permettra de fournir une réponse immédiate à une crise ou urgence éligible compte tenu du contexte fragile du pays. Ainsi, la composante 5 renforcera la capacité institutionnelle et les systèmes de suivi et d’évaluation, y compris le respect des conditions convenues fondées sur la performance, grâce à une assistance technique soigneusement sélectionnée et à des activités de renforcement des capacités.
Mama PAGA
