Affaire de l’article 39 du monde scolaire : Les syndicats de l’éducation allègent leurs mesures

Pris en otage depuis longtemps, le milieu scolaire du Mali tend vers un éventuel redressement, vu l’avancement des négociations entreprises entre les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, et le gouvernement transitoire du Dr. Choguel Kokalla Maiga, premier ministre du pays. Les syndicalistes, qui semblent être confiants du dénouement heureux que tout le monde escompte pour la suite de leurs discussions, atténuent, enfin, les drastiques mesures qu’ils avaient prises, lors de la rentrée scolaire 2021-2022, mettant le gouvernement sous la pression.

Jusqu’à une autre assemblée générale, il est hors de question que les enseignants de l’enseignement secondaire ; du fondamental, de l’éducation préscolaire et spécialisée se plient aux dispositions de la lettre circulaire N°19.Dès sa mise en vigueur le 28 octobre dernier à nos jours, cette lettre rend difficile l’enseignement des élèves maliens. Les mesures la contenant instruisaient aux enseignants à ne pas prendre « les classes dont l’effectif dépasse 50 élèves ». Via cette lettre, il était instruit aux enseignants de ne pas « prendre des classes à double vacation, de même que la non prise des classes à double division ». À ceci s’ajoutent « la non prise des écoles à ECU, en plus de la non prise des heures supplémentaires ».Aussi, ces mesures syndicales invitaient les soldats de craie « à la non évaluation ».Lors du 1er jour de la rentrée scolaire, le respect strict desdites mesures par les enseignants avait été déploré dans certaines écoles publiques de Bamako, notamment dans le groupe scolaire de Sabalibougou et bien d’autres lieux que nous avons sillonné. C’est sous ce climat de désaccord qu’une négociation a été entamée, ce vendredi 12 novembre, entre le camp syndicaliste et le gouvernement. « Les syndicats de l’éducation informent les militantes et militants qu’ils ont participé à la conciliation du vendredi 12 novembre, au ministère de l’Education nationale. Lesquelles négociations font suite à celles des 1er et 5 novembre dernier », lit-on dans leur communiqué.

D’après eux, le gouvernement a fait, lors des échanges, la proposition d’une augmentation de 10 à 15% de l’indemnité de responsabilité. Aux militants enseignants, ils détaillent ce que donne ladite proposition gouvernementale, par catégorie du corps enseignant : « 4650F pour la catégorie C ; 6150F pour la catégorie B ; 7575F pour le professeur titulaire ; 8700f pour le professeur principal ; 9450f pour le conseiller pédagogique, catégorie A et 10200F pour le professeur agrégé et inspecteur ».En ce qui concerne ces négociations, les deux parties sont restées sur leur position, indiquent-ils, rapportant être encore disponibles pour le dialogue. Les enseignants syndicalistes ont demandé à la parie gouvernementale de s’inscrire dans la dynamique de l’élaboration de la grille du personnel enseignant, tout en exprimant leur volonté d’aller à une flexibilité concernant ladite grille, le vendredi dernier. Les représentants du gouvernement ont, pour leur part, affirmé qu’ils n’ont pas mandat de discuter sur la grille. Il leur a été demandé de remettre aux autorités la grille aménagée remise à la partie syndicale, décrit-on dans le communiqué. Les conciliateurs ont sollicité les syndicats de revoir les différentes mesures, en attendant qu’ils finissent leurs consultations avec les autorités, sur la grille proposée. Chose qui a finalement été consentie par les syndicats de l’éducation qu’invitent leurs militants « à rendre les notes et les propositions qu’ils ont à leur niveau ». En vue de se donner le temps d’organiser les assemblées générales et en tenant compte de la demande des conciliateurs, les syndicats de l’éducation ont décidé « d’un allègement dans les mesures édictées dans la lettre N°19 » ci-dessus évoquée. Par conséquent, ils suspendent toutes les mesures prévues dans la lettre N°19, jusqu’à la tenue des assemblées générales. Toutefois, la non évaluation reste en vigueur, ont-ils précisé à leurs militants.

Mamadou Diarra

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