À l’occasion de la Semaine nationale de l’Intégration africaine 2026, la Place de l’AES à Bamako a servi de cadre à une grande opération de salubrité réunissant autorités maliennes, diplomates africains et communautés étrangères vivant au Mali. Bien plus qu’une simple activité d’assainissement, cette mobilisation collective a illustré que l’intégration africaine se construit aussi à travers des gestes simples et citoyens.
Côte à côte et balais à la main, des ministres, ambassadeurs, responsables communautaires et citoyens ordinaires ont envoyé un message fort et éloquent à l’occasion de la célébration de la semaine nationale de l’intégration africaine à Bamako. À la place AES à Kalaban Coura, sur la route de l’aéroport, les participants ont démontré que l’intégration africaine peut aussi prendre corps à travers des actions quotidiennes lorsqu’elles sont portées par une même volonté.
Cette journée de salubrité était présidée par le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, aux côtés de la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Doumbia Mariam Tangara.
Avant le lancement des travaux de nettoyage, les participants ont procédé à l’entretien des statues représentant les dirigeants fondateurs de l’Alliance des États du Sahel. Un geste symbolique dans un lieu qui, au-delà de sa référence à l’AES, tend progressivement à s’imposer comme un espace évocateur des aspirations africaines à la solidarité, à la souveraineté et à la coopération.
La mobilisation a enregistré la présence des services de l’État, des organisations de jeunesse, des associations ainsi que de nombreuses communautés africaines vivant au Mali. À leurs côtés, le Groupe des ambassadeurs africains accrédités au Mali a offert une dimension diplomatique particulière à l’événement, traduisant ainsi la volonté commune de promouvoir les liens de fraternité et de solidarité entre peuples africains.
Plus qu’une opération d’assainissement, l’activité a mis en lumière une conception de l’intégration africaine fondée sur l’action et la responsabilité partagée. Face aux défis environnementaux, aux enjeux de salubrité urbaine et aux conséquences du changement climatique, les participants ont rappelé que les réponses les plus durables reposent également sur l’engagement des citoyens.
La forte implication de la Fédération des communautés africaines au Mali (FECAM) ainsi que celle des représentants de plusieurs nationalités africaines témoigne de leur attachement à l’unité du continent indépendamment des positions institutionnelles de leurs pays.
À travers cette mobilisation, le Mali a une nouvelle fois affirmé son rôle de terre de rencontre et de fraternité africaine. Pays historiquement marqué par les échanges humains, commerciaux et culturels, il continue de faire de l’intégration un principe vivant, porté aussi bien par les institutions que par les communautés qui y résident.
Cette journée s’inscrivait dans le programme de la Semaine nationale de l’Intégration africaine, lancée le 25 mai dernier sous le thème : « L’éducation et la culture de l’eau pour garantir le bien-être des populations au Sahel ». Un thème qui rappelle avec force que le développement du continent et le bien-être des populations reposent sur des responsabilités collectives.
Le message était clair : l’Afrique de demain ne se construira pas uniquement dans les textes et les discours, mais aussi sur le terrain, à travers ces initiatives citoyennes qui transforment la solidarité en action et l’intégration en réalité vécue.
Issa Djiguiba
