L’affaire opposant l’ex international footballeur, Seydou Keïta, devenu après patron de l’industrie, Agro-industrie SDA, aux coopératives de son domaine d’investissement vient de prendre une tournure inattendue. La nommée Kadiatou Lah qui porte la voix de ses collègues depuis le début de ce bras de fer vient d’être dépourvue de ses stocks de matières premières par la DNCC. Une situation qui risque de porter un coup dur à l’image de Seydoublen au regard des allégations distillées sur le sujet.
Un long métrage avec des conséquences désastreuses. Voilà à quoi le bras de fer qui oppose Seydou Keita aux commerçants des matières premières pour la fabrication de l’huile de consommation et autres ressembles.
Depuis quelques jours, Kadiatou Lah, qui parle au nom d’une coopérative a annoncé la saisie de toutes ses marchandises par la Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence. Selon ses explications, la DNCC l’accuse d’avoir enfreint à la décision de suspension d’exportation des noix de karité, soja, arachides… pour une durée de six mois. À ses dires, cette décision des autorités fait suite à la volonté de Seydou Keïta de payer 2000 tonnes de matières premières. Pour la campagne passée, Seydou n’a pas eu d’accord avec les commerçants à ce sujet car le prix auquel, 150f, il cherchait le kilo était de loin inférieur au prix d’achat de la matière première auprès des paysans. Alors, ils lui auraient suggéré de laisser tomber pour cette campagne et d’attendre l’année suivante. Entre temps, l’Etat intervient avec la suspension et impose un prix nettement inférieur à 500f et suivi de la décision de suspension des exportations. Après tout cela, Seydou revoit sa commande à la baisse et par finir décide de ne plus acheter la matière première. Des indiscrétions mentionnent que l’État est intervenu pour sa cause alors qu’il n’était pas encore prêt à faire tourner son usine.
Cette décision transmise par un certain Doucouré qui gère les affaires de Seydou a créé un véritable malaise car elle intervient aussi après la fin de la campagne. Les clients qui viennent de l’extérieur (hors du continent africain) s’étaient orientés vers les pays de la sous-région pour faire leurs achats. Du coup, les stocks au Mali n’avaient plus de preneurs. Une énorme perte pour les acteurs du secteur.
Comme si cela ne suffisait, après les sorties médiatiques des deux camps, Seydou et les commerçants, très tendues par moment, la DNCC a procédé à la saisie de toutes les marchandises de Kadiatou Lah qui serait prise en infraction. Elle aurait chargé des camions en destination de l’extérieur pendant la période de la suspension des exportations. Furieuse, la bonne Dame s’inscrit en faux de cette accusation, saisit la justice et interpelle le Président de la Transition afin de la mettre dans ses droits.
Seydoublen risque de prendre un coup
Cette affaire est problématique. Depuis le début du feuilleton, il est souligné une complicité qui ne dit pas son nom entre Seydou Keïta et les autorités. Ce qui aurait d’ailleurs provoqué tout ce dysfonctionnement dans le secteur. Seydoublen risque de prendre un gros coup dans cette affaire même si lui-même souligne être citoyen tout comme les autres soumis à l’autorité de l’État.
Il a plus intérêt à s’y investir pour un dénouement heureux. Il y va de l’intérêt de tous mais de lui-même en premier car son usine ne pourra pas tourner sans les acteurs du secteur et si les choses commencent de la sorte, son investissement ne sera pas épargné par les conséquences. En plus, il est un homme de renommée, discret et qui a toujours fait la fierté du Mali et de l’Afrique. Il n’est pas dans le besoin. Il veut tout simplement aider son pays. Mais cette bonne volonté est en passe d’être un problème pour tout un secteur. Et la situation actuelle provoquée par son entrée dans le monde de l’industrie, aura un impact négatif sur son image.
Aux autorités aussi d’être clémentes. Le contexte est assez difficile et le pays n’a pas besoin d’autres problèmes. Que chacun mette balle à terre pour l’intérêt supérieur du Mali.
KD
