Après un long moment de prudence, l’Union africaine a levé le suspense sur sa volonté de collaborer étroitement avec les pays de la Confédération, Alliance des États du Sahel (AES). Lors de sa visite officielle au Burkina Faso, le lundi 20 avril 2026, le président en exercice de l’Union africaine, M. Évariste Ndayishimiye, a déclaré qu’il a trouvé un « pays stable ». Ce qualificatif du premier responsable de l’organisation continentale réconforte les autorités de l’AES qui ne ménagent aucun effort pour une sortie de crise. Il faut noter que le Sahel, depuis plus d’une décennie, est classifié par beaucoup d’organisations internationales comme un espace instable et très dangereux, en raison notamment de la crise sociopolitique et sécuritaire.
Après l’ancien président sénégalais Macky Sall, qui s’était rendu à Bamako le 15 août 2022 pour apaiser les tensions après les sanctions de la CEDEAO et favoriser le retour du dialogue entre le Mali et l’organisation régionale, l’AES reçoit officiellement la visite d’un président en exercice de l’Union africaine. Une démarche qui s’inscrit dans la volonté affichée d’instaurer une « nouvelle dynamique » de coopération entre l’UA et la Confédération de l’AES.
Au cœur des échanges figurent les défis sécuritaires persistants au Sahel, mais aussi les perspectives de coordination politique et institutionnelle. Selon des sources, cette visite marque une étape importante dans la normalisation des relations entre l’organisation continentale et les pays de l’AES, dans un contexte de recomposition des alliances régionales.
Longtemps perçu à travers le prisme de l’instabilité, le Burkina Faso, à l’instar des autres pays de l’AES, semble vouloir renverser cette perception. La déclaration du président en exercice de l’UA vient ainsi apporter un signal politique fort, susceptible de peser dans l’évolution du regard porté par la communauté internationale sur la région.
Au-delà du symbole, cette visite pourrait ouvrir la voie à un dialogue plus structuré entre l’Union africaine et la Confédération de l’AES, notamment sur les mécanismes de gestion des crises, la lutte contre le terrorisme et les stratégies de développement. Pour les populations sahéliennes, confrontées aux réalités du terrain, l’enjeu reste désormais la traduction concrète de cette dynamique en améliorations tangibles en matière de sécurité et de conditions de vie.
« J’ai trouvé un pays devenu stable », a insisté M. Évariste Ndayishimiye, un message qui résonne comme un appel à reconsidérer les dynamiques en cours dans l’espace sahélien.
Issa Djiguiba
