Personne ne doute encore de l’impossibilité de tenir le référendum à la date indiquée dans le chronogramme élaboré par la CEDEAO. Cette organisation qui sait à présent qu’elle ne peut pas faire les élections au Mali à la place des autorités maliennes est obligée de constater que le chronogramme qu’elle a cru être bon pour le Mali est inutile. C’est dans ce contexte que Goodluck Jonathan, le médiateur de la CEDEAO s’est rendu hier (20 février) à Bamako pour discuter de nouveau avec la transition. Les autorités maliennes elles-mêmes ont pris le devant en révisant la loi électorale.
C’est pour corriger les lacunes de la loi électorale et ouvrir la voie à un changement du chronogramme électoral que le gouvernement a décidé de réviser la loi électorale. Par ailleurs, les appels se multiplient au sein de la société civile et des organisations politiques pour faire un autre chronogramme. C’est ainsi que la Coalition pour l’observation citoyenne des élections au Mali (COCEM) a indiqué dans un communiqué que le référendum du 19 mars 2023 ne pourra pas avoir lieu. La COCEM constate un retard regrettable et invite le Gouvernement de Transition à diligenter l’actualisation du chronogramme des réformes et des élections en concertation avec l’ensemble des acteurs du processus électoral.
Plusieurs organisations politiques et de la société civile sont convaincues qu’il est techniquement impossible de tenir le référendum le 19 mars prochain. Or, ce chronogramme a été établi avec la CEDEAO. La mission de Goodluck Jonathan est sans doute de trouver les voies et moyens de parvenir à un autre chronogramme électoral. Sans mettre le franc symbolique à la disposition des autorités maliennes, tout en maintenant des sanctions contre le Mali, la CEDEAO persiste pour organiser rapidement les élections générales au Mali.
Sur le terrain, les propositions ne manquent pas de la part des Maliens. C’est pour cela que la COCEM propose les nouvelles dates des élections qui entrent dans le cadre du respect strict de la durée de la Transition. Elle propose de tenir le référendum le dimanche 25 juin 2023. Le report de la date du référendum permettra de rattraper le retard accusé dans la mise en œuvre de certaines propositions avant la tenue des élections. Il s’agit notamment de l’adoption de la loi portant modification de la loi électorale, la mise en place des Coordinations de l’AIGE, la finalisation de l’actualisation du fichier électoral conformément au nouveau découpage territorial, la confection et la distribution de la carte nationale d’identité biométrique sécurisée, le parachèvement du processus de réorganisation territoriale et vulgarisation suffisante du projet de la nouvelle Constitution.
La COCEM souhaite l’élection des Conseillers des Collectivités Territoriales le dimanche 29 octobre 2023. On sait que cette consultation électorale est prévue dans le chronogramme en vigueur en juin 2023. Le report permettra de créer les conditions pour la relecture de la loi électorale et de la révision exceptionnelle des listes électorales ainsi que de rendre les nouvelles régions créées opérationnelles. Une autre proposition est de coupler l’élection du Président de la République et des Députés à l’Assemblée Nationale en 2024.
Soumaïla Diarra
