Trois mois après avoir rappelé son Ambassadeur en France suite à un froid diplomatique après des déclarations d’Emmanuel Macron jugées offensantes, la présidence algérienne a indiqué mercredi, la reprise des fonctions de son représentant à Paris hier, jeudi 6 janvier 2022.
Lors d’une rencontre tenue début octobre 2021, avec des jeunes issus de familles marquées par la guerre d’indépendance, rapporté par le quotidien « Le Monde », le président de la République française, Emmanuel Macron avait estimé que le pays s’était construit, depuis son indépendance, sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire ». Emmanuel Macron s’est même interrogé sur « l’existence de la Nation algérienne avant la colonisation française du pays, en juillet 1830 ». A cet effet, l’Algérie avait rappelé son Ambassadeur à Paris pour consultation et décide d’interdire son espace aérien aux militaires français. Cette tension diplomatique qui a duré plus de trois entre les deux pays semble être apaisé suite à cette annonce de la présidence d’Alger, le mercredi 5 janvier dernier.
L’ambassadeur d’Algérie à Paris, Mohamed Antar Daoud, reprend ses fonctions dans la capitale française, trois mois après la crise diplomatique entre les deux pays. Il devra rejoindre son poste, dès demain jeudi, a annoncé la présidence algérienne dans un communiqué.
La présidence algérienne a également indiqué que le président Abdelmadjid Tebboune « a reçu mercredi l’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed Antar Daoud, qui reprendra ses fonctions à Paris à partir de ce jeudi 6 janvier 2022 ».
Par ailleurs, les propos du président français, Emmanuel Macron ont suscité une grave crise diplomatique, puisque les autorités algériennes ont immédiatement réagi en rappelant l’ambassadeur d’Algérie à Paris. Dénonçant des « propos irresponsables », Alger avait aussi interdit le survol de son espace aérien aux avions militaires français participant à l’opération « Barkhane », au Mali.
En outre, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune avait même décliné une l’invitation de son homologue français pour participer à la conférence internationale sur la Libye, tenue à Paris le 12 novembre dernier.
Abdelmajid Tebboune avait par ailleurs affirmé quelques semaines auparavant « qu’il ne ferait pas le premier pas » pour dégeler les relations algéro-françaises. Cependant, lors de la première décade du mois de novembre, un membre de l’entourage du président français avait affirmé « qu’Emmanuel Macron regrettait les polémiques et les malentendus » avec l’Algérie.
A ce titre, les autorités françaises ont, depuis, entrepris des démarches pour calmer ses ardeurs diplomatiques avec l’Algérie, dans le cadre d’un nouveau réchauffement des relations entre les deux pays. En effet, le ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères françaises, Jean Yves Le Drian avait effectué une visite à Alger, le 8 décembre dernier. Une visite au cours de laquelle, le chef de la diplomatie française des longs entretiens successivement avec son homologue Algérien, Ramtane Lamamra et le Chef de l’État, Abdelmajid Tebboune.
Pour rappel, c’est la seconde fois qu’Alger convoque son ambassadeur à Paris depuis mai 2020, lorsque celui de l’époque, Salah Lebdioui, avait fait l’objet d’un rappel « immédiat » après la diffusion d’un documentaire sur le mouvement de contestation pro démocratie Hirak diffusé sur France 5 et la chaîne parlementaire.
Ibrahim Djitteye
