Un million d’électeurs étaient appelé le samedi, aux urnes pour élire leur futur dirigeant. A l’issue, le président sortant, Adama Barrow, candidat à sa propre succession remporte l’élection devant cinq autres adversaires dont son ancien mentor et l’opposant historique du pays, Ousainou Darboe. Il l’emporte à 53,2% des suffrages.
La commission électorale indépendante a annoncé dimanche soir, les résultats globaux de la présidentielle gambienne qui s’est tenue le samedi 4 décembre. Candidat à sa propre succession, le président sortant, Adama Barrow a été déclaré officiellement vainqueur du scrutin à un tour par l’organe en charge d’organisation des élections. Réélu pour un second mandat, Adama Barrow l’emporte avec 458 519 (sur environ un million d’électeurs), soit à 53,2% de suffrages. Il est par ailleurs, loin devant son principal concurrent et ancien mentor politique, Ousainou Darboe qui obtient 238 253 des voix soit 27,7%.
Par ailleurs, ses adversaires contestent déjà la réélection du président sortant. Selon son principal concurrent et ancien mentor, Ousainou Darboe, « à ce stade nous rejetons les résultats annoncés jusqu’à présent ». Il fait cette déclaration lors d’une conférence de presse qu’il animé avec deux autres candidats de la présidentielle. Il appelle aussi les « Gambiens à rester calme et pacifiques » le temps que, selon lui, des investigations soient conduites. Avant d’ajouter que, « les représentants de ces candidats présents lors des opérations de comptage ont constaté ‘’un certain nombre de problèmes’’ ».
Inconnu du grand public, Adama Barrow, ancien promoteur immobilier aujourd’hui âgé de 56 ans, accédait pour la première fois au pouvoir en 2017. Il avait à l’époque, battu le puissant président de la Gambie, Yahya Jammeh, qui détenait le pouvoir d’une main de fer pendant vingt-deux ans. Par ailleurs, après son élection en 2017, Adama Barrow avait annoncé qu’il ne resterait au pouvoir que pendant trois ans. En effet, le président sortant est revenu sur sa promesse initiale de ne rester que trois ans au pouvoir. Il a aussi atténué ses engagements passés à faire rendre des comptes aux responsables des crimes des années de son prédécesseur Yehya Jammeh.
Yahya Jammeh, qui refusait par ailleurs, de reconnaître sa défaite, a été forcé de s’exiler en Guinée équatoriale sous la pression d’une intervention militaire ouest-africaine. En outre, la présidentielle de 2021 est la première sans lui depuis 1996.
Par ailleurs, pour cette élection à un tour, les Gambiens ont été nombreux à voter samedi. Selon les données de la Commission électorale, près de 89% des électeurs se sont déplacés. Un scrutin aux allures de test politique pour cette jeune démocratie qui tient son premier scrutin pluraliste depuis la chute de Yahya Jammeh, rapporte Radio France Internationale.
A noter qu’outre le président sortant Adama Barrow sous les couleurs du National People’s Party – NPP (réélu pour un second mandat) et l’éternel second Ousainou Darboe pour Le Parti démocratique unifié – UDP néanmoins l’opposant historique de Yahya Jammeh, quatre candidatures ont été validées par la Commission électorale. Il s’agit notamment de Mama Kandeh du Congrès démocratique de la Gambie, Halifa Sallah de l’Organisation démocratique du peuple pour l’indépendance et le socialisme – PDOIS, ainsi que les indépendants Essa Mbaye Faal et Abdoulie Ebrima Jammeh.
Ibrahim Djitteye
