Le Mali poursuit la structuration de sa politique migratoire. Réunis à Bamako autour du ministre Mossa Ag Attaher, les responsables du Ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine et de l’Organisation internationale pour les migrations ont validé la feuille de route 2026 de leur coopération. Ce document stratégique, articulé autour de onze axes prioritaires, vise à renforcer la gouvernance migratoire, améliorer la protection des migrants et consolider les acquis d’un partenariat devenu central dans la gestion de la migration au Mali.
Le Mali et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) entendent franchir une nouvelle étape dans leur coopération en matière de gestion migratoire. Le mardi 10 mars 2026, le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a présidé à Bamako la réunion consacrée à la validation de la feuille de route 2026 élaborée conjointement entre son département et l’OIM.
La rencontre s’est tenue en présence du chef de mission de l’OIM au Mali, le Dr Aboubacar Seybou, ainsi que des équipes techniques des deux institutions. Elle marque une étape importante dans la consolidation d’un partenariat qui, depuis plusieurs années, accompagne les autorités maliennes dans la mise en œuvre d’une gouvernance migratoire plus structurée et mieux coordonnée.
Le document validé s’articule autour de onze axes prioritaires couvrant les principaux défis liés à la migration. Parmi ces priorités figurent le renforcement du pilotage stratégique et de la gouvernance du secteur, l’amélioration des systèmes de collecte et d’analyse des données migratoires, ainsi que le développement d’outils d’aide à la décision pour les pouvoirs publics.
La protection et l’assistance aux migrants constituent également un volet central de cette feuille de route. À ce titre, la coopération entre le Ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine et l’OIM a déjà permis d’enregistrer des résultats concrets. Au cours des dernières années, plusieurs programmes ont facilité le retour volontaire et la réintégration de migrants maliens en situation de vulnérabilité, avec un accompagnement à la réinsertion socio-économique dans leurs localités d’origine.
Au-delà de ces actions opérationnelles, l’appui de l’OIM a également contribué au renforcement des capacités institutionnelles du Mali dans la gestion des questions migratoires. L’organisation internationale accompagne notamment les autorités dans l’amélioration de la production de données migratoires fiables, un élément essentiel pour orienter les politiques publiques et mieux comprendre les dynamiques de mobilité humaine.
La nouvelle feuille de route met par ailleurs l’accent sur la promotion d’alternatives à la migration irrégulière, notamment à travers des initiatives visant à agir sur ses causes profondes. L’objectif est d’encourager des perspectives économiques et sociales pour les jeunes, tout en renforçant l’information et la sensibilisation sur les risques liés aux parcours migratoires irréguliers.
Autre priorité : la valorisation du rôle de la diaspora malienne dans le développement national. Les Maliens établis à l’extérieur représentent en effet un levier économique et social majeur, notamment à travers les transferts financiers, les investissements et le partage de compétences.
La feuille de route prévoit également la révision de la Politique nationale de migration, afin d’adapter le cadre stratégique aux évolutions des dynamiques migratoires et d’améliorer la coordination entre les différents acteurs institutionnels et partenaires techniques impliqués dans ce domaine.
À l’issue de la rencontre, le ministre Mossa Ag Attaher a salué la qualité du travail accompli par les équipes techniques et les partenaires mobilisés pour l’élaboration de ce document. Il a souligné que cette feuille de route doit être considérée comme un véritable outil de pilotage stratégique, destiné à guider l’action publique dans le domaine migratoire.
Selon lui, ce cadre permettra d’assurer davantage de cohérence, de lisibilité et d’efficacité dans la conduite des programmes relatifs à la migration, à la diaspora et à la réintégration. Il a également invité l’ensemble des acteurs concernés à s’approprier pleinement ce document afin d’en faire un instrument opérationnel au service d’une gouvernance migratoire renforcée, mieux coordonnée et alignée sur les priorités nationales.
À travers cette nouvelle étape, le Mali et l’OIM réaffirment ainsi leur volonté commune de consolider un partenariat structuré, au service d’une gestion plus efficace, humaine et stratégique des migrations.
Issa Djiguiba
