L’association Institut pour la Démocratie et l’Éducation aux Médias (IDEM), en partenariat avec UNESCO, a lancé, le jeudi 14 mai à la Maison de la Presse, le projet intitulé « Renforcement des compétences des femmes journalistes et communicatrices en éducation aux médias, à l’information et au numérique dans le cadre de la lutte contre la désinformation ». Ce projet a vu le jour grâce au Programme international pour le développement de la communication (PIDC) de l’UNESCO.
Étaient présents à cette cérémonie de lancement le représentant résident de l’UNESCO au Mali, le président de l’IDEM, le président de la Maison de la Presse, la représentante du ministère de la Communication, la représentante du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, ainsi que plusieurs autres hautes personnalités.
L’objectif de ce projet est d’apporter une réponse concrète et structurée aux défis actuels afin de contribuer à la lutte contre la désinformation, tout en favorisant la paix, la cohésion sociale et l’égalité de genre au Mali.
Prenant la parole, le président de l’IDEM, Sadou Abdoulaye Yattara, a remercié toutes les personnes qui ont œuvré à l’aboutissement de ce projet qu’il juge d’une importance capitale. Selon lui, ce projet vise à former les femmes car, dit-il :
« Parce qu’au Mali, elles sont le pilier de la résilience dans les familles et les communautés. Pourtant, dans les médias et sur le numérique, elles sont souvent les premières visées par la désinformation et les discours de haine. »
Selon le président de l’IDEM, ce projet place les femmes au cœur de la transformation médiatique. Il reconnaît leur rôle essentiel en tant qu’actrices du changement, porteuses de voix, de récits et de solutions. En renforçant leurs compétences, il estime que cela constitue un investissement dans un journalisme plus inclusif, plus équilibré et plus engagé.
150 femmes journalistes et communicatrices c’est le nombre de personnes qui seront formées dans le cadre de ce projet. Celui-ci couvrira les régions de Mopti, Gao, Tombouctou, Ségou, Kayes, Sikasso, ainsi que le district de Bamako.
Pour le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, offrir ce projet aux femmes revient à investir dans un vaste réseau précieux, composé de professionnelles qui porteront haut les valeurs d’éthique, de rigueur et de responsabilité. C’est aussi reconnaître le rôle central que jouent et doivent jouer les femmes dans la construction de médias plus inclusifs, plus équilibrés et davantage à l’écoute des réalités du pays.
Quant au chef du bureau de l’UNESCO au Mali, M. Ali Mohamed Sinane, il a abondé dans le même sens que le président de la Maison de la Presse, en indiquant que le choix de soutenir les femmes journalistes et communicatrices est particulièrement pertinent. Selon lui, les femmes sont déjà très présentes et engagées, mais elles font parfois face à des obstacles pour accéder à certaines formations ou opportunités. Ce projet, a-t-il précisé, est là pour pallier concrètement cette situation.
Tout en souhaitant plein succès au projet, le chef du bureau de l’UNESCO au Mali a assuré que l’UNESCO restera aux côtés des bénéficiaires pour accompagner ces efforts, car il estime que des médias forts, inclusifs et responsables sont essentiels pour bâtir un avenir plus serein et plus solidaire.
Dans son discours de lancement, la représentante du ministère de la Communication, Mme Mousokoro Konaté, a souligné que le monde est aujourd’hui bouleversé par le numérique, où l’information circule à une vitesse incroyable. Si cette évolution présente de nombreux avantages, elle comporte également des risques sérieux, notamment la désinformation, les fausses nouvelles et les discours de haine qui se propagent à vive allure.
Mme Mousokoro Konaté a estimé que ce projet arrive à point nommé, dans un contexte où le Mali fait face à un défi croissant de désinformation. Elle a également salué le choix porté sur les femmes, estimant qu’elles font face à de nombreuses difficultés telles que la marginalisation, les stéréotypes, l’accès limité aux postes de décision, les violences basées sur le genre, le cyberharcèlement ainsi qu’un manque d’opportunités de formation spécialisée.
Dans ce sens, la représentante du ministère de la Communication a encouragé les bénéficiaires à tirer pleinement profit des formations et du coaching qui leur seront offerts, afin de renforcer leurs compétences et de contribuer activement à la transformation du paysage médiatique malien.
Notons qu’en marge du lancement du projet, l’UNESCO a également présenté un rapport sur la situation de la liberté de la presse couvrant la période 2022-2025, intitulé « Journalisme : façonner un monde en paix ».
Tioumbè Adeline Tolofoudié
