Inculpé de menaces et d’injures par le biais d’un système d’information, le procès d’Adama Diarra dit Ben le Cerveau s’est tenu le lundi 27 juillet dernier devant la chambre criminelle de la Cour d’Appel de Bamako. A cette même date, les débats au fond ont eu lieu dans l’affaire concernant M. Chahana Takiou, journaliste et Directeur de publication du bihebdomadaire ‘’22 Septembre’’, poursuivi pour ‘’atteinte au crédit de l’Etat’’ à travers l’institution judiciaire. C’était au pôle national de lutte contre la cybercriminalité.
Le sort des deux personnalités sera connu en date du 3 août 2026. Pour ce qui concerne l’affaire Ben le Cerveau, le procureur général près la chambre criminelle de la cour d’appel de Bamako n’a pas tardé, le 27 juillet dernier, à faire comprendre son intention sur le dossier emblématique. A cette occasion où des enregistrements privés demeuraient au cœur des débats, le ministère public a requis la peine d’emprisonnement ferme de 10 ans de réclusion criminelle contre l’inculpé, tandis que le Contentieux de l’État a, pour sa part, réclamé le paiement du franc symbolique pour « tous préjudices subis ». Estimant qu’il y a des procédures à suivre pour juger lesdits enregistrements, les avocats de la défense ont simplement plaidé pour l’acquittement de leur client, au motif que « l’élément matériel des infractions n’existe pas ».
Rappelons que le leader du mouvement ‘’Yèrèwolo Debout sur les Remparts’’, M. Adama Diarra, plus connu sous le nom de Ben le Cerveau, a comparu devant la Chambre criminelle dans le cadre d’une nouvelle procédure ouverte à la suite de propos qu’il aurait tenus à l’encontre des autorités. Cette affaire intervient après l’exécution d’une première condamnation à six mois de prison ferme pour atteinte au crédit de l’État, peine arrivée à son terme le 4 mars 2024. Alors qu’il devait retrouver la liberté ce jour-là, Ben le Cerveau a toutefois été maintenu à la disposition de la justice en raison d’une nouvelle enquête menée par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Il a été extrait de sa cellule de Kénioroba le 3 mars 2024 pour être entendu par la Brigade d’investigation judiciaire, agissant sur instruction du procureur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Le parquet se serait autosaisi après une dénonciation du Collectif du Peuple pour le Renouveau et contre la Délinquance Juvénile (CPRDJ), qui lui reproche des menaces et injures contre les autorités à travers deux enregistrements audios datant de 2021 et 2022.
Cas du journaliste Chahana Takiou
Comme le premier cas, le procès du journaliste Chahana Takiou s’est tenu le lundi 27 juillet à Bamako. À l’issue des débats, le ministère public a présenté sa réquisition en demandant une condamnation à 1 an d’emprisonnement, dont 6 mois avec sursis, à l’encontre du journaliste. Après l’examen des arguments des différentes parties, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision finale est attendue le lundi 3 août 2026.
Mamadou Diarra
