Les rideaux sont tombés vendredi sur la 4e édition des Journées scientifiques des Sciences de l’Information et de la Communication (JOSSIC) à l’École nationale d’Administration (ENA). Au cours de cette rencontre, plusieurs recommandations ont été adoptées en faveur de la promotion des langues nationales dans les médias et des nouveaux partenariats académiques au sein de l’espace AES ont été signés.
Les JOSSIC sont depuis trois ans une initiative portée par l’École supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication (ESJSC). L’édition 2026 avait pour thème : « Médias et langues nationales : quels enjeux pour les sociétés africaines contemporaines ? ».
Du jeudi 14 au vendredi 15 mai, universitaires, chercheurs, journalistes, étudiants et experts venus du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Sénégal et du Bénin ont échangé autour des mutations des pratiques médiatiques et du rôle des langues africaines dans les espaces informationnels traditionnels et numériques.
La cérémonie de clôture s’est tenue vendredi sous la présidence du directeur général de l’ESJSC, Dr Aboubacar Abdoulwahidou Maïga, qui a salué la qualité scientifique des travaux ainsi que la forte mobilisation des participants et des partenaires.
L’un des temps forts de cette édition a été la signature de conventions de partenariat entre plusieurs établissements de formation en journalisme et communication de l’espace AES. Une convention bilatérale a ainsi été conclue entre l’ESJSC du Mali et l’École supérieure des Sciences de la Communication et des Médias (ESCOM) du Niger. Puis, un accord tripartite a été signé entre l’ESJSC du Mali, l’ESCOM du Niger et l’Institut des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ISTIC) du Burkina Faso, dans le cadre du renforcement de la coopération académique et scientifique entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Les travaux ont enregistré la participation de plus d’une centaine de personnes, avec des communications provenant de plusieurs pays africains ainsi que des interventions en ligne depuis la France et la Côte d’Ivoire. Selon le rapport général présenté par Dr Adama Traoré, 69 communications avaient été retenues sur 81 propositions soumises, avec un taux effectif de réalisation de 93,2 %, soit 61 communications effectivement présentées.
Les débats ont porté notamment sur les langues nationales dans les médias classiques et numériques, les politiques linguistiques, les transformations des usages informationnels à l’ère des réseaux sociaux, la cohésion sociale, ainsi que les enjeux de lutte contre la désinformation.
Au terme des échanges, selon Dr Traoré, plusieurs recommandations ont été formulées. Les participants ont notamment plaidé pour le renforcement de la formation des journalistes et communicateurs aux langues nationales, le développement de contenus numériques en langues africaines, le soutien aux radios communautaires et la promotion d’une intelligence artificielle adaptée aux réalités locales.
Ils ont tout aussi recommandé la création d’un observatoire ouest-africain des médias en langues nationales, l’intégration des langues nationales dans les politiques éducatives et d’alphabétisation, ainsi que le renforcement des mécanismes de vérification de l’information en langues locales.
Les échanges ont aussi mis en lumière certaines divergences de vue sur la régulation des contenus numériques, les modèles de financement des médias et la place accordée aux langues minoritaires dans l’espace médiatique africain.
Pour le Secrétaire général du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Moussa Tangara, les JOSSIC s’imposent depuis quatre ans comme un espace scientifique majeur de réflexion sur les enjeux médiatiques, numériques et linguistiques du continent africain.
Il est à noter que la cérémonie d’ouverture a marqué la présence du Président de l’Association des Editeurs de la Presse privée (ASSEP), Boubacar Yalkoue, Modibo Fofana de Appel Mali ainsi que de nombreux autres représentants des faîtières de la presse.
Kémoko Diabaté
