L’élection de Monsieur Mahazou Baba CISSET à la tête de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) ouvre une nouvelle phase pour notre football national. Mais dans une institution comme la FEMAFOOT, une victoire électorale ne vaut pas encore un bilan. Elle marque avant tout le début d’une responsabilité plus grande : celle de stabiliser, d’organiser et de reconstruire, compte tenu du contexte et des enjeux.
Le premier enjeu du nouveau mandat est clair : installer de la stabilité. Le football malien a besoin d’un sommet lisible, d’une gouvernance cohérente et d’un climat plus prévisible. Dans ce type d’environnement, la réussite ne dépend pas seulement de la légitimité du Président mais de sa capacité à poser un cadre, à hiérarchiser les priorités et à tenir une ligne dans la durée.
C’est pourquoi le moment appelle moins l’euphorie que la méthode. Une fédération ne se redresse ni dans la précipitation ni dans l’agitation. Elle se redresse par le travail de fond, la clarté des responsabilités, la qualité des hommes et la constance dans l’action. Le football malien a besoin d’une reconstruction sérieuse et toute reconstruction sérieuse exige du temps.
Ce temps ne doit pas être confondu avec la lenteur ou l’inaction. Il signifie simplement qu’aucune réforme durable ne produit pas ses effets dans l’urgence permanente. Il faudra du temps pour remettre de l’ordre, renforcer la crédibilité de l’institution, améliorer le fonctionnement de certaines commissions, restaurer la confiance entre les acteurs et produire des résultats visibles sur les sujets essentiels.
La stabilité, à cet égard, doit être comprise dans un sens large. Elle concerne d’abord la tête de l’institution. Le nouveau président devra préserver l’autorité de la fonction, éviter la dispersion et installer une gouvernance sereine.
Mais elle concerne aussi l’environnement du football. Clubs, ligues, arbitres, techniciens, dirigeants, supporteurs, anciens internationaux et partenaires devront eux aussi entrer dans une logique de responsabilité, de discipline et de continuité.
Un mandat ne réussit jamais seul. Il réussit lorsque le sommet tient et lorsque les acteurs acceptent de jouer collectif.
Le nouveau président fraichement élu est naturellement attendu sur des questions concrètes : la qualité de la gouvernance, la crédibilité de l’arbitrage, la rigueur des compétitions, la structuration des clubs, la formation des jeunes, la place du football féminin, la mobilisation des ressources et l’image de la fédération.
Mais sur tous ces sujets, l’exigence utile n’est pas celle du commentaire immédiat. Elle est celle des actes cohérents, des choix lisibles et des progrès mesurables.
Le vrai défi du mandat qui s’ouvre est donc simple à formuler, mais exigeant à conduire : agir sans s’agiter, réformer sans désorganiser, stabiliser sans immobiliser.
C’est cette capacité d’équilibre qui fera la différence entre une présidence de transition et une présidence de transformation.
Dans le contexte actuel, le football malien n’a rien à gagner à l’impatience désordonnée. Il a tout à gagner à un cycle de stabilité, de crédibilité et de travail de fond. Si cette ligne est tenue, alors l’élection de Monsieur Mahazou Baba CISSET pourra être regardée non seulement comme un changement à la tête de la FEMAFOOT, mais comme le point de départ d’un redressement plus profond de notre football.
L’heure n’est donc ni à l’emballement ni au procès immédiat. Elle est à l’observation exigeante, au soutien lucide et à la patience stratégique. Car les victoires les plus durables se préparent souvent dans le calme, la méthode et la continuité.
Mahamet TRAORÉ,
Expert en communication, Analyste & Consultant football,
Fondateur de www.malifootball.com
