Cela fait deux ans que le régime d’IBK est tombé suite à une insurrection populaire qui était vent debout contre la mauvaise gouvernance, le favoritisme, la corruption…
Les maux mentionnés si haut sont en passe de devenir de mauvais souvenirs grâce à la ligne de conduite édictée par le colonel Assimi Goïta, Président de la transition, dans le cadre de la construction du Mali nouveau (le Malikura).
Toutefois, il est judicieux d’accorder plus d’importance à la réconciliation et au vivre ensemble. C’est un travail de titan qui est en train d’être abattu depuis les premières heures de la transition car, ce principe est l’un des fondamentaux d’un régime d’exception qui se veut rassembleur.
Pour rendre cet état d’esprit subtil, la transition gagnerait plus en rassurant les citoyens exilés pour divers motifs à regagner le bercail, tout en leur garantissant la liberté.
Cela n’est pas synonyme de caporaliser les décisions de justice, mais les conditions du moment peuvent être des sources de flexibilité.
Il y a d’ailleurs eu plusieurs cas de figure en rapport avec les droits de l’Homme. A titre de rappel, les ex-rebelles qui ont endeuillé le Mali ont, de nos jours, bénéficié d’un minimum de garantie. Ils sont ainsi autour de la même table que les autorités, afin de mettre leurs expertises à profit pour pacifier le Mali.
Comparaison n’est pas raison, mais une autre exception peut être faite en ce moment délicat pour la simple raison que le Mali, engagé dans un combat pour sa souveraineté (la vraie), fait face à d’énormes menaces extérieures. Ces menaces nécessitent l’union sacrée de tous les fils du pays, sans distinction aucune, afin de décrire de belles pages de l’histoire du pays.
Les nouvelles autorités sont dans leur rôle en priorisant la vigilance car, dans la plupart des cas, la chute, quand on a comme adversaires des impérialistes, est le fait de trahisons internes.
Pour rétablir le climat de confiance et léguer un Mali uni au sortir de cette transition, d’autres sensibilités peuvent proposer leur médiation. Et le Haut conseil islamique du Mali est l’une des organisations les mieux indiquées en ce sens que son implication dans le dossier des 49 militaires ivoiriens, afin de décrisper la tension entre Bamako et Abidjan, a déjà porté fruits. En témoigne l’arrivée en terre malienne d’une délégation venue de la Côte d’Ivoire pour le même sujet.
Assimi Goïta est animé de bonne foi et est prêt à l’ultime sacrifice pour le Mali. Mais, il ne peut pas tout voir et toutes ses décisions ne sont pas forcément bonnes car l’être humain est plein d’imperfections.
Alors, son entourage et toutes les sensibilités doivent le suivre pas à pas et l’aider à rectifier parfois certaines décisions car la justice est faite pour les Hommes. Si la vider des fois de ses prérogatives peut contribuer à la paix, la réconciliation, le vivre ensemble, ses acteurs et par-delà tous les fils du pays soucieux du devenir de la Nation doivent l’accepter et promouvoir cette vision.
Que le chef de l’Etat tende la main à tous les Maliens, et particulièrement ceux qui sont hors du pays. Cet acte l’élèvera au summum de la gloire.
Il doit y songer. A défaut, d’autres Maliens doivent le lui souffler à l’oreille.
Boubacar Yalkoué
