Débat au CNT : Le Premier ministre défend et promet…

Sans surprise, le Premier ministre de la Transition, a répondu avec aisance aux nombreuses questions des membres du Conseil National de la Transition lors de son interpellation le 21 avril dernier. Il a défendu les multiples efforts des 4 axes de son Plan d’Action du Gouvernement. Aucune œuvre humaine n’étant parfaite, le Docteur en télécommunication, Choguel Kokalla Maïga a promis de l’amélioration là où des insuffisances ont été soulignées.

Un bon exercice démocratique. C’est ce qui été fait au CNT le jeudi dernier suite à l’interpellation du Gouvernement Choguel Kokalla Maïga. Durant des heures, les Maliens ont eu droit à un débat très riche. L’occasion a été donnée au Premier ministre de donner plus de détails sur les efforts de son gouvernement dans la réalisation du PAG bâti sur 4 axes principaux à savoir : le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation des élections générales, la promotion de la bonne gouvernance et l’adoption d’un pacte de stabilité sociale. Ledit plan d’action est décliné en 9 objectifs assorti d’un chronogramme détaillé de mise en œuvre.

A titre de rappel, le rapport de suivi-évaluation du PAG 2021-2022 pour la période septembre à novembre 2021 atteste que sur soixante-deux (62) actions prévues : vingt une (21) ont été totalement réalisées soit 33,87% : 22 sont en cours de réalisation soit 53,23% et seulement huit (08) n’ont pas été réalisé soit 12,90%. L’objectif de l’interpellation du Gouvernement par le CNT, c’était de comprendre pourquoi le PAG n’a pas été réalisé à 100%.

Les questions des conseillers du Conseil National de Transition ont porté sur, entre autres, le Chronogramme électoral, la montée en puissance des FAMAS, les sanctions illégales illégitimes et inhumaines de la CEDEAO, l’école, la santé, le panier de la ménagère.

Satisfaction générale autour de l’Axe 1 du PAG

Les membres du Conseil de National de Transition ont unanimement salué la montée en puissance de l’armée malienne. Dans sa réponse aux questions, le premier ministre a indiqué « l’armée est la colonne vertébrale de la Nation. Il n’est point exagéré de dire aujourd’hui que les FAMAs sont notre fierté et notre atout-maître dans le processus de renaissance du MALI-KURA et de redressement de notre État ». Selon le document d’évaluation du bilan du gouvernement fait du « renforcement des capacités de nos forces armées et de sécurité à travers le recrutement de 6 000 éléments, l’acquisition de 9 aéronefs et la remise en opération de plusieurs autres, la mise en place de 18 « bulles de sécurité », la réalisation de Il 500 patrouilles de sécurité visant à rechercher et à détruire les forces ennemies, à rassurer les populations et à marquer la présence de l’État. Aussi, la construction et l’opérationnalisation de 43 postes de sécurité (l Poste Frontalier de Benena, 41 Postes de sécurité à Bamako, I Poste de sécurité de Koulikoro – Tanabougou), et la construction de 26 unités de sécurité (13 Commissariats, 3 Brigades, 3 P DSG, 2 Centres de Secours, I Poste de Secours Routier, 2 Pelotons de la Garde, I Légion de gendarmerie, I Groupement de la Garde) ont été effectuées ». Ce n’est pas tout, « il faudrait aussi capitaliser le renforcement des effectifs des forces paramilitaires avec le recrutement de 4 250 agents (3 250 au compte de la Police nationale et 1 000 pour la Protection civile), et l’acquisition de 52 ambulances type Véhicule de secours et d’assistance aux Asphyxiés et Blessés (VSAB) et d’autres matériels et équipements majeurs pour les forces de défense et de sécurité. Nous enregistrons également des actions de renforcement du cursus de formation à savoir, l’ouverture de l’École de Guerre du Mali (EGM) el la réouverture de l’École Militaire d’Administration le I er octobre 2021, après deux (02) ans de fermeture ».

Selon ledit document, à ces résultats s’ajoute la libération de certaines zones qui ajoute que concernant le désarmement, la dissolution et le recrutement spécial des groupes d’autodéfense, il y’a eu le recrutement spécial de 2 481 ex-combattants issus des Groupes d’autodéfense.

Des avancées concernant les réformes politiques et institutionnelles

Les questions des membres du CNT ont porté sur l’axe II du PAG. Là aussi, d’énormes efforts ont été consentis selon le chef du gouvernement. La tenue des Assises Nationales de la Refondation (ANR) de l’État en est une. Selon lui, le processus ayant abouti à la tenue des ANR de l’État fut long et laborieux sur le chemin de la recherche d’un consensus minimal qui une forte instruction du Président de la Transition qui tenait avant tout à créer les conditions des Maliens dans un esprit d’inclusivité. Aussi, selon lui, pour assurer le pilotage et le suivi des recommandations des ANR, un projet de Cadre stratégique de la Refondation de l’État (CSRE) et son Plan d’action (2022-2031) ont été élaborés et sont dans le circuit d’adoption par le Gouvernement. Les textes portant mise en place du comité de suivi évaluation des recommandations des ANR sont adoptés.

Concernant la tenue d’élections libres crédibles et transparentes, Dr Choguel Kokalla Maïga, affirme que la crédibilité de l’ensemble du processus électoral constitue un axe stratégique du Gouvernement de Transition. « Dans cette perspective et à l’effet d’apporter une solution durable à cette importante question, le Gouvernement a décidé́, à partir de la base de données du RAVEC, de doter les maliens d’une carte nationale d’identité́ biométrique sécurisée. L’objectif visé par ce projet est de promouvoir la mobilité́ intra régionale tout en offrant un titre sécurisé́ permettant de lutter contre les trafics et migrations irrégulières et de répondre aux enjeux de la lutte contre le terrorisme », dit-il.

Selon le Premier ministre, dans le cadre du processus de la réorganisation territoriale, le gouvernement a procédé à la relecture et à l’introduction dans le circuit d’adoption des textes y afférents : Code des Collectivités territoriales, de la Loi déterminant les conditions de la libre administration des Collectivités territoriales, de la Loi portant statut particulier du District de Bamako et des textes relatifs aux conditions de nomination des représentants de l’État dans le District de Bamako.

En ce qui concerne la dépolitisation de l’Administration, fortement recommandée par les ANR, le chef du gouvernement affirme que le document de stratégie y affèrent est en cours de finalisation, à la suite de la validation des termes de référence et la mise en place du Comité de pilotage.

La possibilité de la mise en œuvre de l’organe unique de gestion des élections faisait partie des inquiétudes des membres du CNT. Sur la question, le Premier ministre a été on ne peut plus clair : « Pour assurer des élections crédibles, transparentes et inclusives devant conduire notre pays à l’ordre constitutionnel, le Gouvernement, a procédé à l’élaboration et à l’adoption des projets de textes de création de l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections (AIGE), qui ont été déjà soumis au Conseil National de Transition (CNT) pour adoption. Les avant-projets de textes connexes à la loi électorale comme la Charte des partis politiques, la Loi organique fixant le nombre, les conditions d’éligibilité́, le régime des inéligibilités et des incompatibilités, les conditions de remplacement des membres de l’Assemblée Nationale en cas de vacance de siège, leurs indemnités et déterminant les conditions de la délégation de vote et la loi organique déterminant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Cour Constitutionnelle ainsi que la Procédure Suivie devant elle ont été élaborés et introduits dans le circuit d’adoption par le Gouvernement ».

Par ailleurs, le Premier ministre a précisé que la carte d’identité de la Cédéao, un document moyen de notre espace, sera délivrée gratuitement à tous les maliens et valable pour 5 ans. Le renouvellement de la carte biométrique coutera 5000 F. « Cette carte, dit-il, va de facto remplacer la carte NINA. Elle sera hébergée au Mali ».

Des actions louables en matière de lutte contre la corruption et l’impunité

Plusieurs questions des membres du CNT sur la lutte contre la corruption et la délinquance financière, car le Mali-Koura rime avec bonne gouvernance, transparence et de la stabilité. En la matière, le Gouvernement est déterminé à mener sans faiblesse ni état d’âmes, la lutte contre l’impunité et la corruption dans notre pays, selon le Premier ministre. Selon lui, plusieurs audits ont été réalisés déjà et transmis aux plus Hautes Autorités. Il s’agit, entre autres, de l’audit des dépenses liées à la LPSI (Loi de programmation de la sécurité intérieure) et au Fonds Covid, l’audit de la cession des bâtiments publics à Bamako, l’audit de certaines institutions de la République (Assemblée Nationale, Haut Conseil des Collectivités, Haute Cour de Justice), l’audit de certains organismes personnalisés et autorités administratives indépendantes (AGEFAU, AMRTP, ANGESEM (Agence nationale de gestion des stations d’épuration du Mali). Quant aux audits du cadastre minier, de certains grands programmes/projets nationaux, et l’évaluation de la LOPM, ils sont cours, a assuré le Premier ministre.

Le chef du gouvernement a aussi évoqué l’ouverture et la poursuite des actions judiciaires dans les dossiers, objets des rapports de contrôle du Bureau du Vérificateur Général et des autres organismes de contrôle de l’État. Ainsi, il importe de préciser que les poursuites judiciaires relatives aux dossiers d’armement et aux enquêtes sur les tueries et exactions des 10, 11 et 12 juillet 2020 à Sikasso, Kayes et Bamako sont en cours de traitement dans les juridictions compétentes. Aussi, selon le Premier ministre, les enquêtes concernant les tueries de Ogossagou I et II ont été instruits et clôturés. Le dossier de Sobane Da est en instruction.

Les grandes annonces

Même si la CEDEAO exige une prolongation de 12 mois pour la transition, les autorités maliennes ont acté 2 ans. L’annonce a été faite par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. « Nous avions décidé dérouler notre action sur les 24 mois. A partir du 20 avril 2022, nous sommes dans phase de mise en œuvre des principaux axes de la transition », a-t-il annoncé. Sur l’apaisement du climat, il a laissé entendre que dans le but d’améliorer les conditions de vie des travailleurs, le gouvernement a pris à bras le corps toutes les revendications des différents syndicats. Ce qui aura permis, dit-il, de stabiliser le front social. Sur la Comatex, le premier ministre a annoncé que 600 millions sont dans un compte et c’est disponible. Les montants seront versés dans le compte des intéressés. « Cela pourra mettre au gouvernement de garder la traçabilité des montants versés. Nous voulons trouver des solutions définitives », a-t-il rassuré.

Sur la question de l’attribution des logements sociaux, Dr Choguel Kokalla Maïga a indiqué qu’une enquête a été ouverte suite à l’anomalie. Aussi, la dissolution de la commission d’attribution explique la bonne foi du gouvernement. « Nous n’avons pas dit que nous ne sommes pas faillibles. Il y aura toujours des débats. Il faut de nouveaux textes sur l’attribution des logements sociaux », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le Premier ministre a affirmé, entre autres, que le Mali ne quittera la CEDEAO et que la question de la création d’une monnaie n’est pas sur la table. Aussi, a-t-il affirmé que le mandat de la MINUSMA sera renouvelé et que « l’Accord de défense avec la France sera amendé. Bientôt les discussions vont commencer avec les autorités françaises à cet effet ».

Le Premier ministre a enfin promis des améliorations là où il y a des insuffisances.

Boureima Guindo

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