À Niamey, les ministres chargés de la Culture du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la Politique culturelle commune de la Confédération des États du Sahel. Réunis le lundi 14 septembre 2026, les trois responsables ont examiné les conclusions des travaux préparatoires conduits par les experts les 12 et 13 septembre. La rencontre s’est tenue en marge de la quatrième édition de la Foire des industries culturelles du Niger, organisée dans la capitale nigérienne.
Présidée par Sidi Mohamed Almahmoud, ministre nigérien de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, la réunion a rassemblé Mamou Daffé, ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, ainsi que Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, ministre burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme. Les échanges ont porté sur l’état d’avancement des engagements communs, les projets structurants ainsi que les recommandations formulées par les experts des trois pays.
Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de la convention de Politique culturelle commune signée à Ségou, au Mali, le 4 février 2025. Le document avait pour objectif de renforcer l’unité entre les trois États, de mutualiser les efforts dans les domaines culturels, artisanaux et touristiques, puis de favoriser une dynamique commune dans l’espace sahélien. À Niamey, les ministres ont ainsi cherché à transformer les orientations adoptées précédemment en mécanismes de coopération davantage opérationnels.
Les travaux des experts ont notamment permis d’identifier plusieurs projets communs ainsi que les principales difficultés qui ralentissent encore l’application de la politique culturelle. La circulation des artistes et des œuvres, la valorisation du patrimoine, le développement des industries culturelles et créatives figurent parmi les domaines concernés. Les recommandations soumises aux ministres ont ensuite été examinées, amendées puis intégrées dans les décisions adoptées au terme de la réunion ministérielle.
Cinq résolutions prioritaires ressortent de cette rencontre de Niamey. Les ministres ont décidé de mettre en place un groupe restreint d’experts chargé de consolider le document de Politique culturelle commune et de finaliser son harmonisation au plus tard en décembre 2026. Ils ont également retenu l’opérationnalisation des organes de pilotage ainsi que du Secrétariat technique avant la fin de cette année, afin de donner un cadre institutionnel plus fonctionnel à la coopération culturelle entre les trois pays.
Le financement de la culture constitue également un axe important des décisions prises à Niamey. Les ministres ont convenu d’engager un plaidoyer en faveur de la création d’un Fonds communautaire pour le développement des Arts et de la Culture au sein de l’AES. Ils ont aussi appelé à valider la programmation des projets structurants correspondant aux feuilles de route de l’an II et de l’an III de la Confédération, couvrant respectivement 2026 et 2027.
La réunion a par ailleurs consacré la nécessité d’une régularité dans la concertation entre les responsables culturels des trois États. Les ministres ont demandé la tenue régulière des sessions annuelles consacrées à la culture au niveau confédéral. Cette orientation vise à assurer un suivi continu des engagements, à mesurer les progrès réalisés et à identifier les difficultés persistantes. Elle intervient alors que les responsables reconnaissent les avancées enregistrées, tout en relevant les obstacles qui limitent encore l’opérationnalisation complète de la politique commune.
À la clôture, les trois ministres ont signé le rapport issu des travaux et réaffirmé leur engagement à faire de la culture un levier de développement socioéconomique, de cohésion sociale et de valorisation des identités sahéliennes. Sidi Mohamed Almahmoud a rappelé que le cadre stratégique 2024-2029 adopté en février 2025 porte une ambition commune à l’horizon 2063. La rencontre de Niamey ouvre ainsi une nouvelle phase, centrée sur l’harmonisation, le financement, les institutions de pilotage et la réalisation des projets culturels communs.
Ibrahim Kalifa Djitteye
