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Création d’une zone de défense et de sécurité dans le Gourma : Le gouvernement et la CMA à couteau tiré

Après la condamnation du gouvernement de la république du Mali, le 5 février dernier, de la décision n°0011/Pdt de la CMA, portant création d’une zone de défense et de sécurité dans le Gourma, la CMA réplique. Tout en niant la nouveauté de ladite zone au Gourma, la CMA qualifie le communiqué du   gouvernement d’« allégations fondées sur des passions et sous la pression de la rue au détriment de la vérité du terrain ».

Selon le communiqué de la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), la zone de Gourma n’est pas une création nouvelle, mais une ancienne zone qui relevait de la zone de Haoussa (rive gauche du fleuve de Gao).

Pour la CMA, cette zone militaire existait depuis la signature du cessez-le-feu du 23 Mai 2014 et bien avant la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation.

Donc, les propos indiqués par l’État malien dans le communiqué concernant cette situation de zone de défense et de sécurité dans le Gourma sont, selon elle, des « allégations » « non constructives ». Et d’ajouter que la CMA s’insurge contre de telles « allégations » fondées, selon elle, sur des passions et sous la pression de la rue au détriment de la vérité du terrain.

Elle a décidé d’apporter  « un démenti formel » à cette réaction du gouvernement qui n’est pas propice à la veille d’une rencontre de sortie de crise qui se prépare à Kidal : « La Coordination des Mouvements de l’Azawad exprime toute son indignation, son étonnement et sa préoccupation face à des telles réactions pour les moins surprenantes et non constructives du gouvernement au moment où les parties prenantes au processus de paix se préparent avec l’aide de la communauté internationale à tenir une rencontre de niveau décisionnel et une autre rencontre du  CSA pour une première fois à Kidal ».

Si la coordination des mouvements de l’Azawad estime que « cette réorganisation s’inscrit dans le cadre de la redynamisation de la CMA en vue de protéger et de sécuriser les populations de cette zone laissées pour compte et pour mieux coordonner avec les forces internationales et nationales y compris les FAMAs et la plateforme », la partie gouvernementale trouve, au contraire, que l’initiative viole l’accord d’Alger. « L’acte ainsi posé constitue une transgression du cessez-le-feu conclu entre les parties et dont les clauses les engagent à conserver leurs positions et une flagrante violation des dispositions des articles 17, 25 et 29 de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger relative au questions de défenses et de sécurités » -indiquait le communiqué du gouvernement qui ne cachait pas sa préoccupation «  cette décision unilatérale de la CMA est  de nature à susciter des interrogations et des suspicions au moment où les parties se sont engagées à tenir une concertation de niveau décisionnel pour finaliser la phase d’intégration du dernier groupe des ex-combattants issus des bataillons du mécanisme opérationnel de coordination (MOC) dans les centres de formation ».

Par conséquent, le gouvernement a invité, dans le même communiqué, la médiation internationale à se pencher sur la question conformément aux dispositions des paragraphes 7 et 9 du pacte pour la paix et invite la CMA à réviser sa position.

Issa Djiguiba 

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