Contre la prolongation de la transition à 5 ans : Une coalition des acteurs politiques et de la société civile se mobilise

La proposition de la prolongation de la transition à 5 ans suscite la frustration au Mali. En plus du cadre d’échange des partis et groupements politiques pour une transition réussie au Mali, d’autres mouvements politiques et de la société civile dont le MDP de Oumar Mariko, la CMAS de l’imam Mahmoud Dicko, le Parena de Tiébilé Dramé sont vents débout contre le chronogramme de 5 ans soumis par les autorités de la transition à la CEDEAO. Une conférence de presse unitaire est annoncée ce matin.

« Les participants se sont prononcés pour la prorogation de la transition afin de pouvoir réaliser les réformes institutionnelles structurantes et, par conséquent, permettre des élections crédibles, équitables et transparentes. Les délais avancés varient de 6 mois à 5 ans ». C’est l’une des recommandations phares des Assises nationales de la refondation tenues au Mali du 11 au 30 décembre 2021. Au lendemain de la fin des assises, un projet de résolution sur le chronogramme de la transition a été élaboré par le panel des hautes personnalités. Dans ce document publié sur les réseaux sociaux, on indique que « sur les 20 régions administratives du Mali (soit 65%) se sont prononcées spontanément pour la prolongation de la transition, avec des durées variables d’une région à l’autre et une moyenne des durées proposées de 32 mois ». Selon le même document, tenir les autorités de la transition redevables de la réalisation des résolutions indispensables à la refondation de l’État ; la sécurisation des personnes et leurs biens sur toute l’étendue du territoire ; la matérialisation des réformes politiques et institutionnelles dont la mise en place effectif d’un organe unique de gestion des élections ; conduire les élections et d’en assurer les conditions nécessaires de transparence, de crédibilité, et d’acceptation des résultats par tous…les arguments avancés pour justifier la nécessité de la prolongation de la transition.

Les assises ont ainsi décidé que « le gouvernement prennent le temps qu’il faut pour assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire national avant d’aller aux élections ». Aussi, ont-elles décidé que la durée de la transition sera cinq (5 ans) au plus pour compter du 1er janvier 2022, afin de réunir les meilleures conditions d’élections libres, transparentes, crédibles, et acceptables par tous, précise le projet de résolution sur le chronogramme de la transition.

Déjà les autorités de la transition ont entrepris des démarches auprès des chefs d’État de la CEDEAO pour les convaincre de la nécessité de la prolonger la transition en cours au Mali.

Les non partants aux assises rejettent le chronogramme de 5 ans

Le cadre d’échange des partis et groupements politiques pour une transition réussie au Mali, le Parena, le MDP, le MOREMA, le CDR, le PUMA, la CMAS de l’imam Mahmoud Dicko…ont tous rejeté le chronogramme de 5 ans proposé par les autorités de la transition aux chefs d’État de la CEDEAO. Pour ces groupements politiques et de la société civile qui n’ont pas pris part aux Assises nationales de la refondation, le chronogramme proposé à la CEDEAO est « unilatéral et déraisonnable ». Ces groupements projettent d’ailleurs une conférence de presse unitaire pour exprimer leur opposition au chronogramme. « Nous rejetons le calendrier électoral issu des Assises nationales de la refondation parce qu’il prolonge le coup d’État et porte les germes de l’instabilité politique et de la généralisation de l’insécurité », ont indiqué le PUMA, le cadre d’échange, le Parena, le CDR, l’ACRT, la CoDe, le Cœur pour la Nation, les Forces patriotiques et progressistes, le mouvement Faso ni Dambé, la plateforme Mali kunko et des personnalités indépendantes. Ces acteurs, selon un responsable contacté par nos soins, inviteront les autorités de la transition à abandonner ce chronogramme proposé à la CEDEAO et à respecter la charte de la transition. Pour un autre responsable politique, « une prolongation de la transition à 5 ans est inadmissible en démocratie. C’est inconcevable et on ne l’acceptera pas une dictature militaire. Nous avons combattu la dictature de Moussa Traoré et nous n’allons jamais accepter ce chronogramme de 5 ans ». La durée de 18 mois devrait, selon ce dernier, être respectée pour l’honneur du Mali.

Boureima Guindo

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