Ce que je crois de l’interpellation du premier ministre devant le CNT : un discours courageux

Le Premier Ministre, docteur Choguel Kokala Maïga défendait son bilan devant le Conseil National de Transition, ce jeudi 21 avril 2022, huit mois après sa prise de fonctions. C’est un exercice normal dans la démocratie, s’il faut l’appeler ainsi dans la situation actuelle.

Le docteur Choguel Kokalla Maiga était attendu sur plusieurs sujets brûlants, il le savait et s’est préparé par conséquence. Parmi les nombreuses questions soulevées, nous évoquerons trois d’entre elles à savoir : le retrait du Mali de la CEDEAO, la création d’une monnaie nationale et le renouvellement de la mission de la MINUSMA. En effet, ces trois questions ont soulevé beaucoup de bruits. Plusieurs manifestations ont eu lieu au boulevard de l’indépendance pour la cause. C’était le symbole de la souveraineté du Malikura, soutenir le contraire était synonyme d’être un apatride, le mauvais malien.

Je crois pour ma part que sur toutes ces questions, le premier ministre a été très courageux car ses réponses sur certaines questions frisaient à la limite la trahison.

La trahison envers ceux qui, en son nom insultaient vulgairement tous ceux qui osaient soutenir leur idée de rupture avec la communauté internationale. Qui osera dira il y a peu que le Mali ne pouvait pas quitter aussi facilement la CEDEAO ou encore démontrer que nous n’étions à mesure de créer notre monnaie à ce jour.

Sur la question de quitter la CEDEAO, le premier monstre a été très clair : le Mali n’a pas pour projet de quitter l’institution sous régionale.

Pourtant, les fervents défenseurs de la transition demandaient aux autorités de lancer le processus du retrait de la CEDEAO. Les plus téméraires avec Jeamille Bittar à leur tête avaient remis une déclaration au premier ministre à cet effet.

Parlant du renouvellement de mission de la MINUSMA, même son de cloche. La mission sera bien et bel renouvelée. Là encore, un coup dur pour les partisans du retrait pur et dur de la mission de maintien de paix au Mali.

La création imminente d’une monnaie au détriment de la monnaie coloniale. Pour l’heure, le Mali n’aura pas sa propre monnaie. Qu’est ce qui s’est passé entre temps ? Tous ces tapages avaient quel objectif ? Je crois que le premier ministre a compris qu’il fallait tenir du langage de la vérité. Il a compris qu’il y avait un temps pour la propagande et un temps pour le réalisme.

Je crois enfin que notre inquiétude a été prise en compte lorsque nous avions pensé dans notre dernière parution que le mandat doit être renouvelé pour ne pas ouvrir d’autres brèches à celles qui existent déjà. Nous avions également soutenu que les autorités ne devaient surtout pas se laisser influencer par la rue qui parfois ne cerne pas toutes les réalités. Il revient aux autorités seules de prendre la décision qu’elles jugent salutaires pour le pays. Le premier ministre l’a fait.

Amadingué SAGARA

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