En séjour à Bamako jusqu’au vendredi, une délégation venue du Niger pour s’inspirer de l’expérience malienne s’est largement entretenue avec le premier responsable de l’Éducation nationale, en l’occurrence le ministre Amadou Sy Savané. C’était hier mardi 24 mars dans les locaux dudit département.
Composée des spécialistes de l’éducation nigérienne, ladite délégation est conduite par le Professeur Tidjani Alou Adamou Didier, président du Conseil d’Administration de l’Office du Baccalauréat, des Équivalents et des Sciences et Concours du Supérieur. En clair, le Mali et le Niger s’inscrivent désormais dans une dynamique d’harmoniser les préparatifs de l’examen de fin d’année du Baccalauréat, une première dans l’histoire des deux pays en transition. L’idée s’inscrit en droite ligne de la trajectoire tracée par les Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel. Dans sa prise de parole, le chef de la délégation nigérienne a souligné être venu pour s’enquérir de l’expérience du Mali en matière d’organisation de cet important examen de fin d’année. « On a jugé nécessaire de venir recueillir l’expérience du Mali. On a eu les échos de comment se font les examens au Mali. On sait également que le Bac au Mali dispose de nombreuses spécificités qui sont générées par le ministère de l’Éducation nationale. Notre séjour sera l’occasion de faire des comparaisons », a expliqué le professeur, précisant que le Bac du Mali se déroule en un seul tour, alors qu’il se passe en deux tours au Niger. De ce fait, dit-il, il s’agira de voir comment le Mali parvient à réussir son examen en un seul tour. « Quels sont les avantages de tenir cet examen en seul tour ? Cela nécessite un partage d’expérience », a-t-il indiqué, déclarant que ce séjour permettra également d’échanger sur l’organisation administrative jusqu’à la délivrance des attestations aux candidats. D’après lui, le Mali a toujours réussi à tenir cet examen malgré les conditions climatiques (pluies) et sécuritaires difficiles. Il s’agit de voir comment le Mali gère la tenue de l’examen malgré ces conditions, a-t-il spécifié. En réaction, le ministre Amadou Sy Sanavé s’est réjoui de la venue de la délégation, estimant que les pays de la Confédération des États du Sahel ont besoin d’harmoniser leur système éducatif. « Il faut faire en sorte que nous nous retrouvions pour organiser notre examen de Baccalauréat, parce que nous sommes dans ce qu’on appelle la Confédération AES. Il faut bien organiser cet examen pour la crédibilité de notre système », dira le ministre. À la délégation, il précisera que l’organisation du Bac était, par le passé au Mali, chaotique. Et de rapporter qu’il y avait beaucoup de fuites de sujets. « Depuis trois ans, dit-il, tout baigne ». D’après lui, c’est la première fois qu’une telle rencontre ait eu lieu afin de voir comment le Bac est organisé dans les deux pays ce, pour pouvoir voir quelles sont les ressemblances et les différences entre les pays en mettant un accent sur les idées communes. Cela, afin de se retrouver avec un système éducatif harmonisé et performant. « Cette visite intervient quelques semaines après que le Président de la Transition ait décrété 2025-2026 Année de la Culture et de l’Éducation, voire quelques jours après que le comité préparatoire de l’Année de l’éducation et de la culture ait commencé ses travaux », a-t-il fait savoir aux hôtes.
Mamadou Diarra
