Le Coordinateur général du FOPAME non moins président de la Maison de la Presse du Mali, Monsieur Bandiougou Danté a livré un message plein d’émotion à la clôture du forum. Il a résumé les quatre jours d’échanges entre confrères nationaux, africains et d’ailleurs en trois points. Lisez le discours.
C’est avec une profonde émotion et une fierté légitime que je prends la parole en cet instant solennel, au terme de ce Forum Panafricain des Médias. Permettez-moi, avant tout propos, d’exprimer ma gratitude sincère à tous ceux et toutes celles qui ont rendu possible cette rencontre historique sur notre continent.
Nous voici au terme de ce Forum qui a été marqué par des journées intenses, fécondes, traversées par la passion commune d’une Afrique qui parle à l’Afrique, d’une Afrique qui se raconte elle-même, avec ses propres mots, ses propres voix, ses propres images, sa propre Vérité.
Ces journées ont été animées par des débats, d’échanges et de réflexion collective, ce qui nous a permis de donner corps à ce que notre thème annonçait avec tant d’ambition « Unir les voix, renforcer les liens entre médias d’Afrique ».
Ce Forum n’était pas un événement ordinaire, il était le signe d’une prise de conscience collective, d’un engagement collectif pour la souveraineté de l’Afrique qui commence par sa souveraineté médiatique.
Pendant ces 4 jours, nous avons entendu des voix venues du Sahel et des forêts équatoriales, des voix de l’Océan Indien et de la Méditerranée africaine, de la savane et des grandes métropoles. Toutes ces voix portaient un message clair, unique que : nos médias doivent travailler ensemble, partager leurs ressources, mutualiser leurs expériences et bâtir des ponts solides non seulement entre nos rédactions mais également entre nos structures de formations.
Les différents panels et tables rondes ont été des cadres qui ont permis de mettre en en lumière des réalités que nous connaissions, mais que nous n’avions peut-être jamais osé nommer avec autant d’audace et de sincérité. Sincérité parce que jusque-là certains avaient des réserves quant à ces réalités. Ces journées nous ont permis également de parler de l’invasion des plateformes numériques étrangères qui dictent les algorithmes de nos informations favorisant la désinformation, mettant en branle nos propres normes journalistiques contre nos propres sociétés par des clichés stéréotypés.
Nous avons surtout forgé des solutions par des recommandations concrètes. Des solutions africaines à des défis africains. Des solutions nées de notre intelligence collective, de notre solidarité, de notre créativité, de notre volonté de reprendre la main sur nos récits.
La philosophie Ubuntu bantoue du Cameroun dit je cite « Je suis parce que nous sommes »
Et c’est précisément cet esprit Ubuntu qui a animé nos travaux car chaque voix qui amplifie la voix de son voisin africain rend le concert continental plus puissant.
Nous retenons de ces 4 jours de travaux :
- La nécessité de créer une coopération entre les rédactions africaines car la solidarité entre médias africains n’est pas une option mais une nécessité existentielle. Les échanges de contenus, les co-productions journalistiques, les pools d’information interafricains doivent devenir la règle et non l’exception. Nos auditoires méritent d’entendre parler de leur voisin continental par leurs propres journalistes, et non par des agences dont les agendas nous sont étrangers.
- L’obligation de revoir nos formations et partages des savoirs. La souveraineté narrative ne se construit pas seulement dans les salles de rédaction, mais aussi dans les amphithéâtres de nos écoles de journalisme. Nous devons investir massivement dans la formation de la prochaine génération de journalistes et professionnels africains en les armant théoriquement, techniquement, éthiquement, culturellement enracinés et résolument tournés vers l’avenir numérique.
- Le devoir, l’obligation, et l’urgence de construire de modèles économiques durables pour nos médias car un média ne peut être libre s’il est économiquement faible, je dirai « captif ». Des mécanismes de financement endogènes sont à développer pour assurer la liberté de la presse.
Mesdames et Messieurs, « Seul, on va vite. Ensemble, on va plus loin »
Ce proverbe que nos ancêtres ont forgé dans les savanes et les villages d’Afrique résume à lui seul l’ambition du Forum Panafricain des Médias. Ce forum se termine, mais notre mission, elle, ne fait que commencer. Je vous lance aujourd’hui un appel solennel : que les résolutions adoptées dans cette salle ne restent pas lettres mortes. Que chaque délégué, chaque responsable de presse, chaque journaliste reparte avec la conviction que sa rédaction est un maillon essentiel de la chaîne de souveraineté informationnelle de l’Afrique.
Je m’engage, en tant que Coordinateur de ce Forum et Président de la Maison de la Presse du Mali, à porter ces recommandations auprès des hautes autorités de notre pays. Le Mali, fort de sa tradition de liberté de la presse et d’ouverture panafricaine, sera en première ligne de cette mobilisation.
Transformons le verbe en acte. Le Forum Panafricain des Médias n’est pas un événement périodique, il doit devenir l’architecte d’une nouvelle infrastructure médiatique pour notre continent.
Mesdames et Messieurs,
Je tiens à adresser mes remerciements les plus chaleureux aux autorités maliennes pour leur soutien conséquent accordé à l’organisation de ce Forum. Je salue également tous les partenaires institutionnels et techniques dont le concours a été précieux pour la réussite de cet événement.
Je remercie du fond du cœur tous les panélistes, modérateurs, rapporteurs, intervenants et experts qui ont enrichi nos débats de leur expérience et de leur vision.
Je salue chaleureusement les délégations venues de toutes les régions d’Afrique avec une mention spéciale à la forte délégation marocaine.
Un merci particulier à l’ensemble de l’équipe d’organisation, aux techniciens, à l’Agence de Communication ROYAUME KEIT de Monsieur Daouda KEITA dit PALMER dont le professionnalisme, le sens de l’écoute et la patience ont largement contribué au succès de ce Forum.
Je remercie également mon frère Mamadou Sidiki DIABATE dit DIONKOUNDA et son équipe pour son soutien constant
Je salue enfin la presse nationale, internationale et les acteurs des plateformes numériques qui ont couvert nos travaux. En relayant nos débats, vous avez déjà commencé à tisser ces liens que nous appelons de nos vœux.
Mesdames et Messieurs,
Repartons d’ici avec la conviction que nos voix, réunies, ont la puissance de réécrire le récit de notre continent. Non plus le récit de la pauvreté, du chaos, de la famine, que d’autres construisent sur nous. Mais le récit de notre diversité, de notre résilience, de notre intelligence, de notre créativité, de notre avenir car l’Afrique a toujours su raconter ses propres histoires autour du feu et il est temps qu’elle le fasse aussi sur les ondes, sur les écrans, sur les plateformes numériques basée sur la réalité et que le monde entier l’écoute.
Vive la presse africaine libre, indépendante et souveraine !
Vive la solidarité entre les peuples et les médias d’Afrique !
Je vous remercie.
