Les résultats du procès opposant les responsables de l’enseignement catholique du Mali au Syndicat national des travailleurs de l’enseignement privé catholique (SYNTEC) sont toujours attendus. Attendu le lundi 7 septembre dernier après sept reports, le délibéré de l’affaire a été renvoyé pour la huitième fois au 28 septembre prochain.
Les travailleurs victimes de licenciement massif attendent toujours l’épilogue du feuilleton judiciaire en cours. Pour la huitième fois, ils s’étaient donné rendez-vous le lundi 7 septembre dernier devant le Tribunal du Travail de Bamako. Mais le délibéré de l’affaire n’a pas été rendu public. La juridiction compétente a décidé du renvoi. Une situation face à laquelle les syndicalistes ont déploré la lenteur de la procédure judiciaire, interpellant les autorités compétentes afin qu’une solution soit trouvée dans les meilleurs délais, notamment avant la prochaine rentrée scolaire.
Au micro, le secrétaire général du SYNTEC, M. Kalifa Raymond Kamaté, a souligné : « De report en report, les gens sont désespérés et désorientés. Imaginez : près de neuf reports pour un délibéré pour des gens qui ont le cœur fragile. C’est inquiétant. » Selon lui, « il est grand temps que nous soyons entendus et respectés. Nous continuons à secouer les consciences, car nous ne méritons pas l’oubli ou l’abandon que nous traversons ». Et le syndicaliste d’ajouter : « Il est douloureux et incompréhensible que nous soyons assistés par le silence de l’inaction et les murmures inaudibles depuis les bureaux des décideurs. » Pour M. Kamaté, le Mali a besoin de l’ensemble de ses forces éducatives. « Il est grand temps de mettre un terme à l’affliction profonde de ces victimes en les déployant dans les fonctions de l’État ou des Collectivités territoriales, là où leur mission d’éduquer pourra contribuer à rayonner auprès des générations futures. Ne soyons pas les témoins passifs d’un effondrement silencieux de l’avenir et des vies de nos concitoyens. Soyons les acteurs du sursaut de l’équité et de la paix. »
Cette affaire est partie du licenciement massif du personnel par les responsables de l’enseignement catholique du Mali. Tout est parti de l’arrêt de la subvention octroyée par l’État aux écoles privées catholiques en date du 30 juin 2025, mettant fin à un partenariat historique de plus de cinquante ans. Le 3 avril 2025, un accord entre le gouvernement et la Conférence épiscopale du Mali a été signé par les parties, mettant fin à la convention signée en 1972 pour permettre à l’État d’aider l’école catholique en assurant le financement des salaires à hauteur de 80 %. Avec l’arrêt de la subvention, plusieurs établissements ont été fermés. Cette affaire de licenciement concerne plus de 1 000 enseignants. De nos jours, tous les regards sont tournés vers les résultats de ce procès. Beaucoup de travailleurs estiment être victimes d’un licenciement abusif. Quant à la Direction de l’Enseignement catholique, elle évoque son incapacité à supporter les charges après l’arrêt de la subvention de l’État. Hormis la lenteur de la procédure judiciaire, les syndicalistes plaident pour l’intégration des travailleurs dans la fonction publique de l’État et dans les collectivités territoriales.
Diarra Mamadou
