Chambre criminelle de la cour d’appel : 20 ans de réclusion requis contre l’ancien patron de la DGSE, colonel-major Kassoum Goita et ses coaccusés
En cours depuis mardi 14 juillet dernier, le procès impliquant l’ancien Directeur général de la Sécurité d’État (DGSE), Colonel-major Kassoum Goita et ses coaccusés se poursuivait, mardi 21 juillet 2026, à la chambre criminelle de la cour d’appel de Bamako. A l’issue des débats, le parquet a requis 20 ans de prison pour les accusés, sollicitant l’acquittement du commissaire principal de police reproché dans l’affaire.
Au-delà de l’ex-patron de la DGSE, Colonel-major Kassoum Goïta, ce procès concerne l’adjudant-chef Abdoulaye Ballo, ancien agent de la sécurité d’État, l’homme d’affaires Sandi Ahmed Saloum, le féticheur Issa Samaké dit « Djoss » et Dr Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la Présidence de la République. A la barre, les avocats de la défense ont prouvé que les accusations soulevées contre leurs clients ne reposent sur aucune preuve tangible, réclamant leur « acquittement pur et simple ». Suite à la comparution du témoin principal courant le lundi dernier, le nommé Soumaïla Bagayoko, cette audience attendue a alors repris avec la présentation du Contentieux de l’État et le réquisitoire du ministère public. Dans sa réquisition, le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Bamako, le magistrat Kokè Coulibaly a demandé à ce que le Colonel-major Kassoum Goïta et certains de ses coaccusés soient retenus dans les liens de l’accusation ce, pour des faits de « complot contre le gouvernement et association de malfaiteurs ». S’agissant, en substance, de l’adjudant-chef Abdoulaye Ballo, ancien agent de la sécurité d’État, l’homme d’affaires Sandi Ahmed Saloum, le féticheur Issa Samaké alias « Djoss »et Dr Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la Présidence de la République. Dans la foulée, le parquet, sur la base des arguments juridiques, a requis 20 ans de réclusion criminelle contre ces accusés. Ce qui correspond à une peine maximale pour ces infractions sanctionnées de 5 à 20 ans d’emprisonnement. Il a, par la suite, demandé l’acquittement du Commissaire principal de police reproché dans l’affaire, Moustapha Diakité, estimant que son implication se limite à son lien amical avec Sandi Ahmed Saloum. Selon lui, cette réquisition constitue des sanctions exemplaires visant à donner un coup de frein à l’instabilité institutionnelle et à étouffer toutes velléité de projet de déstabilisation des institutions. Prenant la parole, le représentant du Contentieux de l’État, Mahamadou Tibo Kéïta, a demandé le paiement d’un franc symbolique pour « préjudices moraux » subis. Les avocats de la défense ont répliqué en plaidant en faveur de leurs clients, insistant sur le fait que les accusations ne reposent sur aucune preuve tangible et réclamant leur « acquittement pur et simple ». Rappelons que le Colonel-major Goïta et ses coaccusés sont poursuivis pour « association de malfaiteurs, tentative d’attentat et de complot contre le gouvernement et complicité », dans l’affaire dite ‘’tentative de déstabilisation des autorités de la Transition’’.
Mamadou Diarra
