Le gouvernement du Mali a lancé le Projet de Résilience urbaine de Bamako avec l’appui de la Banque mondiale. Ce programme vise à améliorer l’accès aux services essentiels comme l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets. Il cherche aussi à renforcer la résilience face aux inondations dans les zones vulnérables de Bamako et ses communes voisines. Ce projet marque une étape importante pour offrir aux habitants un cadre de vie plus sûr et plus adapté aux défis urbains actuels.
En ce qui concerne globalement le bilan des cinq ans du Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, Imirane Abdoulaye Touré, les chiffres sont éloquents. Comme en témoignent à titre d’exemple, les résultats engrangés par l’Office Malien de l’Habitat (OMH).
Dans la gestion des déchets solides, des résultats concrets ont été obtenus. La Cellule A du Centre d’Enfouissement technique de Noumoubougou a été réalisée. Plus de 465 000 m³ de déchets ont été évacués de 38 points noirs de Bamako vers cette décharge finale. En plus, 46 caissons à ordures ont été livrés à la Direction des Services Urbains de Voirie et d’Assainissement. Ces actions renforcent la capacité de la capitale à gérer efficacement ses déchets.
La gestion des déchets liquides a aussi connu des avancées. Le projet a permis de construire et réhabiliter 841 latrines et d’installer 343 dispositifs de lavage des mains dans les écoles et centres de santé du District de Bamako. Ces infrastructures améliorent l’hygiène publique et réduisent les risques de maladies liées à l’eau. Elles contribuent à créer un environnement plus sain pour les élèves et les patients, tout en renforçant la prévention sanitaire dans les quartiers.
L’accès à l’eau potable a été élargi grâce à l’acquisition de 17 500 kits de branchements et de 17 500 compteurs. Cette initiative permet à de nombreux ménages d’obtenir un raccordement direct au réseau. Elle s’inscrit dans une politique visant à réduire les inégalités sociales et à garantir une distribution équitable de l’eau. L’amélioration de la sécurité hydrique est essentielle pour accompagner la croissance démographique et urbaine de Bamako.
La lutte contre les inondations a été une priorité. En 2024, 112 caniveaux et 24 collecteurs ont été curés, représentant 59 km et bénéficiant à plus d’un million de personnes. En 2025, les travaux ont doublé avec 227 caniveaux et 60 collecteurs curés, soit 131 km, touchant plus de deux millions d’habitants. Le coût global de ces interventions dépasse quatre milliards de FCFA, montrant l’engagement de l’État à protéger les populations.
La réhabilitation de la digue de protection et le curage des caniveaux dans la ville de Bla illustrent cette volonté. En 2025, 210 km de caniveaux et 59 km de collecteurs ont été curés dans Bamako. Par ailleurs, 30 000 m³ de déchets solides ont été évacués. Ces actions confirment la détermination des autorités à assainir durablement l’espace urbain et à réduire les risques sanitaires liés aux déchets.
La maîtrise de la croissance urbaine s’est traduite par l’adoption des Schémas Directeurs d’Urbanisme de Koutiala, Bougouni, Kéniéba et Dioïla. Ces documents stratégiques permettent d’adapter l’aménagement aux réalités locales et de prévenir les conflits fonciers. Dans le domaine du logement, 882 logements sociaux ont été attribués, représentant la première tranche des 1 521 logements prévus. En parallèle, la procédure d’immatriculation de 429 hectares de réserves foncières a été lancée.
Le bilan des logements sociaux révèle 13 929 unités concernées, dont 8 928 réceptionnées et 5 001 en cours d’achèvement. Les typologies varient entre F3 tôle, F3 dalle, F4 et F5. Ces réalisations contribuent à réduire le déficit en logements et à améliorer la sécurité résidentielle des ménages bénéficiaires. Les logements restant à achever représentent un potentiel important, nécessitant un suivi technique et la mobilisation des promoteurs pour leur finalisation.
Sur le plan de l’urbanisme, plusieurs Schémas Directeurs d’Aménagement Urbain ont été révisés et approuvés, notamment ceux de Ménaka, Koutiala, Kéniéba, Bougouni et Dioïla. Ces outils orientent l’occupation des sols et facilitent la programmation des équipements collectifs. La révision du SDAU de Tombouctou est en cours, avec un fond de plan topographique déjà validé. Ces démarches renforcent la cohérence des interventions des collectivités territoriales et des services techniques.
L’aménagement urbain a aussi porté sur la libération de la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou, garantissant la protection des servitudes et la réduction des occupations irrégulières. De même, la libération des lits de marigots de Woyowayanko, Komanko et Banconi a permis de prévenir les risques d’inondation et de restaurer les emprises naturelles. Ces actions traduisent la volonté de l’État de sécuriser les espaces publics et de renforcer l’autorité dans la gestion urbaine.
Dans le domaine foncier, les réformes ont permis de mobiliser plus de 203 milliards de FCFA en 2025, soit un taux de recouvrement de 87 %. L’État a réduit le prix de cession des terrains pour améliorer l’accès des citoyens au foncier. L’opération d’immatriculation systématique de 81 000 parcelles a été lancée dans trois communes de Bamako. Par ailleurs, plus de 1,5 million de parcelles ont reçu un Numéro d’Identification National unique Cadastral, renforçant la sécurisation foncière.
Les perspectives pour 2026 sont ambitieuses. Elles incluent la réalisation de 20 000 latrines domestiques et de 800 latrines scolaires, l’extension de la décharge de Noumoubougou et la construction d’une station de traitement des boues à Tienfala. Le gouvernement prévoit aussi l’attribution de nouvelles tranches de logements sociaux, l’opérationnalisation du prêt acquéreur et la poursuite de la digitalisation foncière. Ces projets traduisent une vision globale pour un Mali mieux organisé, résilient et tourné vers l’avenir.
Ibrahim Kalifa Djitteye
