Dans une interview accordée à l’Office de Radiodiffusion Télévision du Mali, samedi dernier, le Gouverneur de Kidal, le Général El Hadj Ag Gamou, est revenu en détail sur les violents événements du 25 avril dernier qui ont secoué plusieurs localités du Mali, notamment Kidal.
Face aux nombreuses rumeurs ayant circulé après l’attaque, l’officier supérieur affirme avoir survécu à une offensive terroriste d’une ampleur exceptionnelle, menée selon lui par une coalition lourdement armée et appuyée par des réseaux extérieurs.
Interrogé sur son état de santé après les affrontements, le gouverneur se veut rassurant : « Je me porte très bien, en bonne santé, en bonne forme et avec un moral excellent », déclare-t-il. Balayant d’emblée les rumeurs d’enlèvement, de disparition ou de séquestration relayées sur les réseaux sociaux.
« Une ville envahie par des terroristes »
Le Général Gamou décrit une attaque déclenchée dès l’aube du 25 avril, alors que le gouvernorat de Kidal était pris sous un feu nourri. Selon lui, la ville avait déjà été infiltrée et occupée par une importante coalition terroriste disposant d’équipements militaires sophistiqués.
« Nous avons été réveillés vers 5 h 30 par des tirs venant de toutes parts », raconte-t-il. Il affirme que les assaillants utilisaient des drones de reconnaissance et de combat, des drones kamikazes, des véhicules piégés ainsi que de l’artillerie lourde.
Le gouverneur estime que les forces présentes à Kidal étaient largement inférieures en nombre et en puissance de feu face aux groupes armés engagés dans cette offensive. Il évoque une attaque simultanée menée dans plusieurs villes du pays, notamment à Kidal, Gao, Sévaré et Kati.
Pour lui, cette synchronisation démontre l’existence d’une opération « coordonnée », dépassant le cadre habituel des attaques terroristes isolées.
FLA et GNIM : « le même réseau terroriste »
Au cours de l’entretien, le gouverneur de Kidal a également réagi aux interrogations autour des groupes armés actifs dans le nord du pays, notamment le FLA et le GNIM. Selon lui, ces mouvements auraient agi de manière concertée durant l’offensive. « Le FLA et le GNIM ne sont pas des entités distinctes dans cette attaque », affirme-t-il, estimant qu’ils font partie d’un même réseau ayant mobilisé des combattants venus de l’extérieur.
Le Général Gamou affirme avoir constaté la présence de milliers de combattants dans la ville au moment des affrontements, évoquant un chiffre d’environ 2 000 hommes. Une estimation qui illustre, selon lui, l’ampleur de la menace à laquelle les forces maliennes ont été confrontées.
Une population en fuite
Le gouverneur insiste également sur les conséquences humaines des combats. D’après lui, la population civile de Kidal ne soutient pas les groupes armés ayant participé à l’attaque. « C’est la première fois que la ville se vide totalement de ses habitants en seulement 24 heures », soutient-il. Face aux violences, de nombreux habitants auraient quitté précipitamment la ville pour échapper aux exactions et aux affrontements.
Le Général Gamou accuse les assaillants d’avoir commis des pillages et des violences contre les civils. Il évoque des boutiques saccagées, des maisons pillées ou incendiées ainsi que des actes de violence contre des populations non armées.
Critiques contre certains médias occidentaux
Le gouverneur de Kidal dénonce par ailleurs ce qu’il considère comme une campagne médiatique internationale visant à fragiliser les autorités maliennes de transition. Selon lui, certains médias occidentaux auraient présenté les événements de manière « déformée » en minimisant la gravité des attaques et leur caractère coordonné. Il estime que cette offensive médiatique accompagne les actions militaires menées contre le Mali.
Pour le Général Gamou, les attaques contre Kidal, Kati, des installations militaires et la résidence du ministre de la Défense, le général d’Armée Sadio Camara, s’inscrivent dans une stratégie globale visant à déstabiliser les institutions maliennes.
Dans cette perspective, le gouverneur a lancé un appel à la solidarité nationale en faveur des populations déplacées de Kidal. Il invite les autorités à renforcer la prise en charge des civils ayant fui les combats et exhorte les Maliens à maintenir leur unité face à la menace terroriste. « Les terroristes n’ont aucun avenir au Mali », affirme-t-il, appelant à poursuivre sans relâche la lutte contre les groupes armés.
Kemoko Diabaté
