Tout comme à Kayes, nombreux sont les enseignants qui ne cessent de se plaindre à cause du Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines (SIGRH). Avec les menaces de suspension de salaires de leurs militants, les responsables de la coordination des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 du District de Bamako ont adressé, le 23 septembre, une correspondance au gouverneur de Bamako, sollicitant son implication.
Officiellement reçu le 15 août dernier par le Président de la Transition, Général d’Armée Assimi Goïta, le rapport émanant des enquêteurs du SIGRH fait toujours jaser. Comme dénoncé dans ce document officiel, il existe au total 36 151 agents « inconnus » de l’Etat et des Collectivités territoriales. Lesquels n’ont pas pu se présenter lors des travaux d’enrôlement des agents qui étaient chargés de l’opération. « Monsieur le Gouverneur, nous, Coordination des Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 du District de Bamako (SYPESCO, SYNEM, SYNEFCT, SYLDEF, FENAREC, COSES), avons appris avec indignation la suspension des salaires de nos militantes et militants. La coordination des syndicats signataires du 15 octobre 2016 du District de Bamako demande votre implication personnelle afin que nos militantes et militants ayant leur récépissé ne soient victimes d’une situation dont ils ne sont nullement responsables », lit-on dans cette correspondance. Et la Coordination des Syndicats de l’Education Signataires du 15 octobre 2016 du District de Bamako de tirer la sonnette d’alarme, informant qu’elle « se verra dans l’obligation d’observer un arrêt de travail en cas suspension des salaires desdites personnes ». Puis d’exhorter toutes les parties à la persévérance et au respect des engagements. Ces alertes ont été données alors que la date retenue pour la rentrée scolaire 2025-2026 est prévue pour le 1er octobre 2025 sur toute l’étendue du territoire national. Rappelons que les données du SIGRH ont été collectées à travers le département du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, piloté depuis quelques années par le ministre Bakary Traoré. Ce dernier et certains de ses homologues, notamment le ministre de l’Economie et des Finances, Alousseni Sanou avaient, sur instruction des plus Hautes Autorités de la Transition, annoncé l’octroi d’un délai gracieux de trois mois aux travailleurs « inconnus ou non-enrôlés » de l’Etat et des Collectivités, pour leur enrôlement. Outre cela, le gouvernement à travers lesdits ministres avait annoncé, courant le mois d’août, la suspension de salaires de l’ensemble des travailleurs qui ne se sont pas enrôlés à l’occasion de la mission des agents du SIGRH.
Mamadou Diarra
