Dans un communiqué rendu public le lundi 13 février 2023, le syndicat autonome des pharmaciens d’officines privées (SYNAPPO) et le Syndicat National des Pharmaciens du Mali ont décidé de suspendre à partir du 1 mars le service AMO dans les officines et laboratoires privés d’analyses biomédicales.
Après une grève illimitée entamée par les comités syndicaux du CHU de l’hôpital Gabriel Touré et ceux du CHU de l’hôpital du Point-G, vient maintenant le tour des comités syndicaux des pharmaciens et des laboratoires d’analyses biomédicales qui menacent, eux aussi, de suspendre le service AMO dans leurs structures à partir du 1 mars 2023, si leurs doléances déposées auprès du ministère de la santé et du Développement social ne sont pas satisfaites.
Le SYNAPPO et le SYNAPHARM, se basent sur la convention de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) qui stipule respectivement en ses articles 40 et 42, que les délais de payement sont de 15 jours pour les pharmaciens et 30 jours pour les laboratoires d’analyses à partir du jour de dépôt de la facture. Ces articles de la convention ne sont pas respectés par les autorités en charge de la santé, selon le SYNAPPO et le SYNAPHARM. En plus de cela, le SYNAPPO et le SYNAPHARM déplore aussi le retard de paiement des prestations de l’AMO dans les officines et laboratoires privés d’Analyses biomédicales surtout par la Caisse Malienne de Sécurité Sociale (CMSS).
Face à ces différents problèmes, le SYNAPPO et le SYNAHARM, indiquent avoir mené, sans succès, de multiples discussions pour que paiement des factures soient effectives.
Ils ajoutent que les promoteurs des officines et laboratoires privés d’analyses biomédicales ont aussi plaidé plusieurs fois pour que leurs factures soient payées, mais que ces efforts ont été réduits au néant.
« C’est pourquoi nous le SYNAPPO et le SYNAPHARM décidons de suspendre le service AMO jusqu’à nouvel ordre dans tous les officines et laboratoires d’analyses biomédicales privés sur toute l’étendue du territoire national à partir du mercredi 1er mars 2023 à minuit » lit-on dans la note du SYNAPPO et du SYNAPHARM. Il est notifié que cette suspension rentrera en vigueur à la date indiquée si les points de revendications, qui concerne le paiement intégral de toutes les factures échues des prestations de l’AMO dans les officines et laboratoires privés d’analyses biomédicales ne sont pas pris en compte.
Ces derniers temps, le secteur de la santé connait de nombreuses difficultés qui ont des répercussions sur les paisibles citoyens qui ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin compte tenu des grèves illimitées dans les hôpitaux publics. Si la suspension de l’AMO venait à s’ajouter à ces grèves, la souffrance de population l’augmentera. Alors que le colonel Assimi Goïta, président de la transition, a toujours instruit au gouvernement de « mettre l’être humain au centre de gravité des actions visant l’amélioration des conditions de vie de la population». Le ministère de la Santé et du Développement Social est donc interpelé pour intervenir afin d’atténuer la souffrance de la population.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
