Comme tous les fonctionnaires, le gouvernement de la République du Mali s’octroyait un congé après 11 mois de travail accompli, mais depuis la rectification de la transition en mai 2021, ce droit accordé d’habitude au mois d’août est décliné pour mieux gérer la contrainte de temps. Un sacrifice ultime pour mieux faire face aux nombreux défis du moment.
« Après quatorze mois de travail sans répit, le Premier ministre, chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maïga, a été mis en repos forcé par son médecin », avait annoncé la Primature malienne sur les réseaux sociaux le 13 août 2022, après quelques soucis de santé manifestés par le Premier ministre. Si les réalités de l’âge ont conduit le Dr Choguel Kokalla Maïga en repos forcé, il faut reconnaitre que sa jeune équipe continue, sans repos, avec les travaux d’Hercule pour relever les énormes défis. Habituellement accordé en mois d’août, voilà maintenant deux congés que le gouvernement de la transition vient de se priver du congé annuel afin de mieux gérer la contrainte de temps. Tout en reconnaissant le caractère légal et obligatoire du congé annuel, Mme Diawara Aoua Paul Diallo, ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social a souligné que cet état de fait relève d’un choix au plus haut sommet de l’Etat pour réussir la transition en cours. « C’est un choix dont l’esprit a été impulsé par l’engagement sans faille du président de la transition, chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, et par la résilience des Maliens à faire don de soi pour une transition réussie et apaisée », a-t-elle indiqué.
Fixée pour deux ans, le temps est désormais la seule boussole de la transition malgré les défis importants du moment, à savoir, entre autres : la lutte contre le terrorisme et la protection des personnes et de leurs biens ; les réformes politiques et institutionnelles y compris la révision constitutionnelle et les réformes dans le secteur de la justice ; le suivi des conclusions des Assises nationales de la refondation (ANR) ; le suivi du processus de la mise en œuvre de l’Accord d’Alger, tous parachevés par l’organisation des élections crédibles et transparentes pour espérer sortir définitivement de la crise sans précédent que le Mali connait depuis des années. Un chantier énorme qui ne saurait se bâtir sans sacrifice, selon la ministre.
Issa Djiguiba
