Le 24 janvier 2025, s’est tenue une rencontre, entre le Premier ministre, chef du gouvernement le Général de Division Abdoulaye Maïga, et une délégation de représentants des collectivités territoriales du Mali et du Burkina Faso. Les discussions ont porté sur la mise en place de l’Union des Collectivités de l’Alliance des États du Sahel (AES), une initiative ambitieuse destinée à promouvoir le développement transfrontalier et à consolider les relations entre les collectivités locales des deux pays.
L’idée de cette union émane d’une volonté des collectivités de mieux coordonner leurs efforts face aux défis communs, notamment en matière d’infrastructures, de sécurité et de développement économique. La délégation, conduite par Abdoulaye Garba Maïga, Président du Conseil Régional de Mopti, était composée de Siaka Dembélé, Président du Conseil Régional de Ségou, et d’Abdoulaye Bassinga, représentant des régions burkinabè.
Le Premier ministre a salué cette démarche et souligné son importance stratégique pour la stabilité de l’espace AES. Il a insisté sur la nécessité d’une coopération décentralisée plus efficace, capable d’apporter des solutions durables aux populations locales.
L’initiative vise à renforcer la solidarité et la complémentarité entre les collectivités en mutualisant les ressources et en optimisant les stratégies locales. Elle se concentre sur trois axes majeurs : le développement des infrastructures pour améliorer la connectivité et le commerce, la gestion durable des ressources naturelles, notamment l’eau et les terres arables, ainsi que la lutte contre l’insécurité et l’extrémisme violent, qui touchent particulièrement les zones frontalières.
Pour les autorités locales, cette union offrirait une nouvelle dynamique aux initiatives de développement déjà en cours, tout en permettant d’attirer plus facilement des financements nationaux et internationaux.
Lors des échanges, la délégation a plaidé pour un appui institutionnel fort du gouvernement malien afin de structurer et formaliser cette coopération intercommunale. Le Premier ministre a encouragé la mise en place d’une feuille de route claire, définissant les mécanismes de fonctionnement, les objectifs prioritaires et les partenariats stratégiques à établir.
Il a également insisté sur l’importance d’une gouvernance locale inclusive, impliquant les populations et les acteurs socio-économiques. Selon lui, la stabilité régionale passe par une meilleure intégration des collectivités locales dans la gestion des crises et des projets de développement.
Au-delà du Mali et du Burkina Faso, cette initiative pourrait servir de modèle pour les autres pays de l’AES, en instaurant une coopération intercommunale efficace et structurée. Elle s’inscrit pleinement dans la logique de renforcement de l’intégration régionale, chère aux dirigeants de l’Alliance des États du Sahel.
Avec cette initiative, les collectivités locales entendent jouer un rôle actif dans le processus de développement et de stabilisation de la région. Si elle est menée à bien, l’Union des Collectivités de l’AES pourrait devenir un levier essentiel pour relever les défis socio-économiques et sécuritaires de l’espace sahélien.
L’avenir de ce projet dépendra toutefois de la capacité des collectivités à mobiliser les ressources nécessaires et à instaurer une coordination efficace entre les différents acteurs concernés.
Ibrahim K. DJITTEYE
