La quatrième édition de la Semaine du Numérique s’est achevée le samedi 1er août, après cinq jours d’activités consacrés à l’innovation, à la transformation digitale et au renforcement des compétences. Présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, cette édition, en plus de l’atteinte de ses objectifs, semble donner un coup d’accélérateur à l’ambition de la Confédération des États du Sahel (AES) de bâtir un espace numérique intégré.
Placée sous le thème « L’écosystème du numérique au Mali : état des lieux, enjeux et perspectives pour une transformation digitale réussie », la 4e édition a réuni les acteurs du numérique du Mali et d’ailleurs autour des défis et opportunités du secteur. Panels de haut niveau, masterclass, conférences, expositions technologiques et démonstrations d’innovations ont, entre autres, marqué les cinq jours de travaux.
Dans son discours de clôture, le Premier ministre le général de Division Abdoulaye Maïga a salué la présence des délégations du Burkina Faso et du Niger, rappelant que leur participation « traduit la solidité des liens qui unissent nos peuples » et illustre la volonté commune de construire, au sein de l’AES, « un espace numérique intégré, résilient et souverain ».
Pour le chef du gouvernement malien, le numérique dépasse désormais le simple cadre des technologies de l’information. Il constitue, selon lui, « le socle de la souveraineté, de la compétitivité économique, de la modernisation de l’administration, de la sécurité, de l’éducation, de la santé, de la finance, de la culture et de l’inclusion sociale ». Dans un monde de plus en plus en compétition autour des données et de l’innovation, le Mali entend, selon les mots du premier ministre, bâtir un écosystème numérique « performant, inclusif, innovant et sécurisé », en parfaite cohérence avec la vision « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD 2024-2033).
L’intelligence artificielle, le cloud computing, la cybersécurité, les technologies financières, l’agriculture intelligente et les autres solutions numériques représentent, selon lui, des opportunités majeures que le Mali compte pleinement exploiter. Ainsi, il rappelle le rôle central que peut jouer la jeunesse pour l’atteinte de cet objectif. C’est pourquoi, il a réaffirmé la volonté du Gouvernement du Mali de poursuivre les investissements dans la formation, les compétences numériques, la recherche scientifique et l’entrepreneuriat technologique.
Dans la foulée, le PM Abdoulaye Maiga annonce les closes de la convention avec l’association Kabakoo qui entre dans sa phase opérationnelle avec le lancement de la première cohorte destinée à former 15 000 jeunes Maliens aux métiers du numérique.
Pour le Premier ministre, le Salon africain du Gaming et de l’E-Sport (SAGE 2026), ainsi que les avancées du Centre d’Intelligence artificielle et de Robotique sont une illustration des capacités des ingénieurs maliens à développer des solutions adaptées aux réalités nationales.
De l’autre côté, ces assurances données par le premier ministre se présentent comme une réponse aux préoccupations exprimées par de nombreux intervenants, notamment la ministre burkinabè de la Transition digitale, Aminata Zerbo Sabané.
Au nom des ministres en charge de l’économie numérique des pays de l’AES, la ministre burkinabè a en outre souligné la nécessité, pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, de mutualiser leurs compétences, d’interconnecter leurs infrastructures et de renforcer leur coopération afin d’accélérer la modernisation de leurs administrations et de consolider leur souveraineté numérique. Les représentants du Burkina Faso et du Niger ont vue à ce cadre de rencontre, une véritable opportunité pour l’atteinte des objectifs de l’AES en matière du numérique.
L’autre moment fort de cette cérémonie a été l’honneur fait aux initiatives les plus innovantes. En effet, plusieurs start-up, PME et services publics ont été distingués pour leurs performances en matière de digitalisation. La Direction générale des Impôts s’est classée première parmi les administrations récompensées, devant la Direction générale des Douanes et l’Agence pour la promotion des investissements, illustrant les progrès accomplis dans la modernisation des services publics.
Parallèlement, la cinquième édition de la Coupe du Numérique, organisée autour du thème « Le numérique et le sport : vecteurs de cohésion et d’innovation », a rassemblé les participants dans un esprit de cohésion.
Aussi, la première édition du Concours Médias sur les droits des enfants au Mali, organisée par le ministère de la Communication en partenariat avec l’UNICEF, a également récompensé, en marge de cette cérémonie, quinze lauréats de la presse écrite, audiovisuelle et digitale pour leurs meilleures productions journalistiques consacrées à la promotion des droits de l’enfant.
À côté des exploits, cette fête du numérique a également été l’occasion de mettre en exergue les défis auxquels le secteur fait face. Ainsi, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a mis l’accent, entre autres, sur les difficultés en matière de financement de l’écosystème, de gouvernance de l’intelligence artificielle, de cybersécurité et de modernisation des infrastructures.
Cependant, la bonne nouvelle reste qu’il instruit le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration de veiller à la mise en œuvre effective des recommandations issues des travaux afin de construire un écosystème numérique « plus performant, plus inclusif, plus sécurisé et davantage orienté vers les besoins des citoyens et des entreprises ».
Issa Djiguiba
