Face à la dépravation des mœurs et le détournement des mineurs à des fins sexuelles ou d’activités pornographiques à travers les réseaux sociaux, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamadou Kassogue, Gardes des Sceaux, a désormais instruit les magistrats de sévir avec la dernière rigueur.
Depuis un certain temps, l’existence de véritables réseaux de dépravation de nos mœurs et de détournement de mineurs à des fins sexuelles ou d’activités pédopornographiques est constatée par les plus hautes Autorités. Ces groupes criminels opèrent sur les réseaux sociaux à travers un mode opératoire consistant en la création de groupes WhatsApp, Tik-Tok ou Snapchat. Ils organisent des rencontres, partagent de vidéos à caractère sexuel. Ils constituent, selon le Garde des Sceaux, de véritables centres de recrutements des futures victimes et de redoutables pièges pour tous les consommateurs d’images illicites. Pour Mamoudou Kassogué, lesdits groupes organisent des rencontres physiques dans des espaces fermés : maisons closes, appartements meublés, constructions dans les champs entre autres. Ils s’adonnent en outre à des actes sexuels de toutes natures et à la consommation de substances psychotropes et autres produits prohibés, organisant également des voyages de leurs victimes mineurs, âgés quelquefois seulement de 12 à 13 ans, dans les zones d’extraction minière et dans certains pays aux fins d’exploitations sexuelles et pour subir d’autres atrocités indicibles. Dans ce communiqué publié le 29 juillet, il est signalé que ces actes portent atteinte aux bonnes mœurs, infractions prévues et punies par le code pénal.
Quand le Garde des Sceaux durcit le ton
En la matière, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a tenu à rappeler que ces actes immoraux et malsains, importés d’ailleurs, ne correspondent pas à nos valeurs sociétales et menacent gravement les fondements mêmes de notre société, hypothéquant l’avenir de la jeunesse. Ils constituent, selon lui, de graves infractions à la loi pénale pouvant recevoir plusieurs qualifications juridiques : outrage public à la pudeur, attentat à la pudeur, viol, pédophilie, incitation à la débauche, prostitution forcée, proxénétisme, racolage, détournement de mineurs, corruption de la jeunesse, tourisme sexuel, pornographie forcée, traite de personnes, trafics illicites de migrants, achat, vente, consommation et trafic de stupéfiants. La mise en scène desdits actes, notamment le filmage, la publication et le commentaire inapproprié de telles images sur les réseaux sociaux et autres supports médiatiques ou de communication constituent des infractions à la loi pénale. Ils relèvent notamment de la cybercriminalité.
Appel du ministre à sévir
Face à de telles déviances sociales inacceptables, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a invité les parents, éducateurs, propriétaires d’immeubles, bailleurs, gérants d’appartements meublés, tenanciers de bars et d’hôtels et l’ensemble des citoyens à veiller scrupuleusement et prioritairement à la protection des enfants, l’avenir du pays. Il leur invite à dénoncer aux autorités compétentes les auteurs de ces actes antisociaux. « Il porte à la connaissance du public qu’il vient d’instruire tous les Procureurs généraux, Procureurs de la République, Juges de paix, officiers et Agents de Police judiciaire à sévir avec la dernière rigueur contre les auteurs, co-auteurs et complices de tels actes ».
Mamadou Diarra
