Face aux difficultés alimentaires et aux effets des crises, le Mali renforce son dispositif d’assistance aux populations vulnérables. À travers le Plan national de réponse 2026, l’État malien mobilise à la fois ses ressources et ses partenaires (PAM, FAO, Chine et Russie) pour répondre aux urgences et renforcer la résilience et la souveraineté alimentaire du pays.
Le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a officiellement lancé, mardi 11 août, à l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM), le Plan national de réponse (PNR) 2026 à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition. Présidée au nom du président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, cette cérémonie traduit la volonté des autorités de renforcer progressivement les capacités nationales de résilience.
Porté par le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA), le dispositif bénéficie d’une enveloppe globale de 12,7 milliards de francs CFA. Il vise notamment à apporter une assistance à plus de 1,5 million de personnes confrontées à des situations de crise ou d’urgence. Pour préparer la période de soudure, près de 19 960 tonnes de céréales seront distribuées gratuitement aux populations ciblées. L’État prévoit également la mise à disposition de produits de première nécessité, notamment le riz, le mil, le sucre et l’huile, à environ la moitié du prix du marché. Une réponse qui combine ainsi assistance directe et soutien au pouvoir d’achat des ménages les plus exposés.
Le PNR ne se limite pas à la distribution de vivres. Le dispositif comprend également des mesures destinées à soutenir les moyens de production et à renforcer la résilience des communautés. Quelque 424,10 tonnes d’aliments pour poissons, 1 200 tonnes d’aliments pour bétail ainsi que des semences maraîchères sont également prévues. Cette approche traduit une évolution importante de la politique alimentaire, combinant réponse d’urgence et création des conditions nécessaires pour mieux résister aux prochaines périodes de vulnérabilité.
Cette stratégie implique aussi une coordination accrue avec les partenaires techniques et financiers du Mali. En effet, le Programme alimentaire mondial (PAM) apporte une assistance à plus de 365 000 personnes et accompagne près de 186 000 autres dans leurs moyens de subsistance. La FAO intervient, pour sa part, auprès de plus de 86 000 personnes. À ces appuis s’ajoutent des contributions alimentaires significatives de la Chine et de la Russie. La Chine a ainsi remis 1 930 tonnes de riz au Commissariat à la sécurité alimentaire et la Fédération de Russie, elle, met 770 tonnes de pois cassés à la disposition du PAM. Selon le CSA, la coopération avec le PAM et la FAO s’inscrit dans une démarche de planification conjointe visant à harmoniser les interventions et à améliorer leur impact sur le terrain.
Cette complémentarité entre l’action publique et l’appui des partenaires apparaît d’autant plus importante que la sécurité alimentaire demeure confrontée à des défis multiples, liés notamment aux contraintes sécuritaires, climatiques et économiques. Dès mars 2026, le Conseil national de sécurité alimentaire avait validé un plan visant à harmoniser l’action de l’État et celle des partenaires autour de plusieurs piliers, à savoir : assistance d’urgence, soutien aux populations urbaines, renforcement de la « Facilité Alimentaire Malienne », gestion des stocks stratégiques, appui aux filières agro-sylvo-pastorales et lutte contre la malnutrition.
Issa Djiguiba
